Le gouvernement béninois appelle les salariés à signaler les entreprises qui ne respectent pas le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG). L’appel a été lancé le jeudi 23 juillet par le porte-parole de l’exécutif, Wilfried Léandre Houngbédji, lors d’une émission consacrée à l’actualité gouvernementale.
Un rappel du seuil légal
Le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti est fixé à 52 000 FCFA sur toute l’étendue du territoire national depuis le 1er janvier 2023, contre 40 000 FCFA auparavant, soit une revalorisation de 30 %. Ce seuil concerne principalement le secteur privé, la fonction publique béninoise appliquant une autre grille salariale. C’est dans ce cadre que Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement, a été interrogé sur une éventuelle nouvelle hausse du SMIG. Sa réponse a mis en avant un problème plus immédiat : le non-respect du montant actuellement en vigueur par certains employeurs.
Des entreprises hors la loi selon le gouvernement
Selon le porte-parole, « il y a encore des entreprises qui ne payent pas encore 52 000 », certaines versant 40 000, voire 30 000 FCFA à leurs salariés. Il estime que ces employeurs jugent le montant légal trop élevé pour leur activité. Face à ce constat, le gouvernement appelle les travailleurs concernés à saisir directement la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. « Allez à la CNSS et dénoncez », a lancé le porte-parole, précisant que les entreprises signalées seraient convoquées pour s’expliquer sur leurs pratiques salariales.
Houngbédji a également écarté toute crainte de représailles sociales liée à ce type de signalement. Il a comparé cette démarche au droit de tout citoyen à critiquer publiquement l’action gouvernementale lorsqu’il n’en est pas satisfait.
Une possible évolution à moyen terme
Sur le montant du SMIG que l’on pourrait envisager au-delà du niveau actuel, le porte-parole n’a pas avancé de chiffre précis, évoquant seulement une possible évolution dans les années à venir. Il a indiqué que le montant « ne sera peut-être plus à 52 000 » dans un délai de trois à cinq ans, sans donner de calendrier ni de fourchette. Il a rappelé que la fixation du SMIG répond à des critères précis, tenant compte à la fois de l’évolution du marché du travail et de la capacité des entreprises privées à absorber une hausse sans répercussion négative sur l’emploi.
Le porte-parole du gouvernement a conclu son intervention en renvoyant la responsabilité du respect de la loi aux citoyens eux-mêmes, invitant chacun à signaler les manquements constatés plutôt qu’à se taire par crainte de conséquences personnelles. Les litiges non résolus par cette voie administrative pourraient, selon lui, être portés devant les juridictions compétentes.



