Un drone YFQ-44A Fury a lancé un missile AIM-120 AMRAAM contre une cible numérique le 15 juillet 2026, au-dessus du désert de Mojave, depuis la base aérienne d’Edwards, en Californie. L’appareil, construit par Anduril, appartient au programme Collaborative Combat Aircraft (CCA) de l’US Air Force, qui vise à équiper les chasseurs pilotés de drones ailiers autonomes.
Un tir encadré par un opérateur humain
« Le YFQ-44A a décollé, notre logiciel Lattice a repéré la cible, un opérateur a ordonné l’engagement et l’appareil a tiré comme prévu« , a détaillé Mark Shushnar, vice-président d’Anduril chargé de l’autonomie aérienne. Il a ajouté que l’essai a démontré une frappe complète, au-delà de la portée visuelle, contre une cible simulée. La décision finale de tir reste soumise à validation humaine, conformément aux règles américaines qui excluent tout déclenchement autonome d’une arme.
L’essai fait suite à une évaluation menée en février, consacrée au transport captif d’un AIM-120 inerte sous les ailes du Fury, puis à des tests de liaison de données entre l’appareil et le missile. Le YFQ-44A avait réalisé son premier vol le 31 octobre 2025, soit 556 jours après le lancement de son développement — un rythme jugé inhabituel pour un programme militaire.
Un jalon revendiqué par l’Air Force
Le général Ken Wilsbach, chef d’état-major de l’US Air Force, a qualifié l’essai d’*étape importante dans le développement des Collaborative Combat Aircraft*. Selon Dale White, responsable du portefeuille des systèmes d’armes critiques, ces tests valident que les drones peuvent exécuter la séquence de tir de façon autonome dans les limites fixées par le pilote.
Le Fury et son concurrent, le YFQ-42A Dark Merlin de General Atomics, sont les deux prototypes retenus pour la première phase du programme CCA. Ces drones semi-autonomes seront pilotés à distance par les équipages des F-15EX, F-35A et du futur F-47, pour des missions de frappe, de supériorité aérienne, de guerre électronique et de reconnaissance. L’Air Force ambitionne d’en aligner environ un millier afin d’accroître sa puissance de feu sans multiplier le nombre de pilotes.
Washington rejoint un cercle restreint
Ce tir place les États-Unis au troisième rang mondial des essais de ce type. La Turquie avait ouvert la voie fin novembre 2025 avec un missile Gökdoğan tiré depuis un drone Kizilelma. L’Australie avait suivi le 9 décembre 2025, lorsqu’un MQ-28 Ghost Bat de Boeing avait détruit une cible aérienne réelle avec un AIM-120, dans un tir qualifié à l’époque de première mondiale pour un aéronef autonome utilisant ce missile.
Contrairement à l’essai australien, mené contre un drone-cible physique, le tir américain visait une cible purement numérique. L’AIM-120 AMRAAM, en service depuis les années 1990 dans l’aviation de l’OTAN, peut frapper des cibles à plus de 100 kilomètres selon sa version. Un test similaire est attendu à l’automne avec le YFQ-42A de General Atomics, dont les essais en vol avaient été suspendus un mois après le crash d’un exemplaire dans le désert californien.



