Un protocole d’accord est en cours de préparation entre les gouvernements du Ghana et du Bénin pour l’approvisionnement en coton destiné à l’usine Volta Star Textile Limited, à Juapong. Le président ghanéen John Dramani Mahama en a fait l’annonce, précisant que le texte permettra d’alimenter en matière première une usine à l’arrêt depuis plusieurs années.
Un accord encore en préparation
« Des dispositions sont prises pour un accord avec le Bénin sur l’approvisionnement en coton« , a déclaré Mahama, selon des propos rapportés par Rainbow Radio. Le chef de l’État n’a pas précisé de calendrier pour la signature du texte, mais a indiqué que le processus est activement engagé.
Le président a par ailleurs fait état d’une avancée parallèle : un investisseur stratégique a été identifié pour reprendre et moderniser l’usine de Volta Star Textile. Après un appel d’offres, la phase d’évaluation des candidatures serait terminée, et le gouvernement se prépare désormais à désigner l’investisseur retenu pour piloter la réhabilitation du site.
Un projet lié au corridor économique de la Volta
La relance de l’usine suit un plan plus large porté par le gouvernement ghanéen : le corridor économique de la Volta, censé relier agriculture, production manufacturière, logistique et exportations sur un même axe territorial. Selon Mahama, la remise en marche du site de Juapong devrait générer des emplois locaux et redynamiser l’activité économique de la ville, tout en renforçant le secteur textile national.
Le Bénin, premier producteur africain de coton
Le choix du Bénin comme fournisseur n’est pas anodin : selon Arise IIP, le pays est le premier producteur de coton du continent africain, une filière qui représenterait près de 40 % de son PIB et 80 % de ses recettes d’exportation. Le pays a construit à cet effet une zone industrielle dédiée, la zone de Glo-Djigbé (GDIZ), à une quarantaine de kilomètres de Cotonou, où la transformation du coton brut en produit fini est réalisée sur place. Cette zone exporte déjà vers les États-Unis, pour des marques comme The Children’s Place et U.S. Polo Assn.
Le secteur textile ghanéen a lui connu un âge d’or dans les années 1970, comptant alors une quinzaine de grands fabricants et plus de 25 000 emplois directs. Les crises économiques de la fin des années 1970, suivies des politiques de libéralisation commerciale des décennies suivantes, ont provoqué l’effondrement progressif de la filière, réduite à seulement quatre entreprises survivantes au début des années 2000.
Le recours à un partenaire régional pour sécuriser l’approvisionnement en matière première marque ainsi une inflexion stratégique : plutôt que de relancer une production cotonnière locale à grande échelle, Accra choisit de s’appuyer sur les capacités déjà installées chez son voisin pour redémarrer rapidement la chaîne de transformation textile.