Le retrait du statut de protection temporaire est devenu effectif le 7 août pour les ressortissants du Soudan du Sud, après l’annulation d’une suspension judiciaire par une cour d’appel fédérale. Les bénéficiaires camerounais avaient déjà perdu cette protection un an plus tôt, le 4 août 2025.
Deux pays basculent, deux autres résistent
Les personnes concernées par le retrait perdent leur autorisation de travail et peuvent faire l’objet d’une procédure d’expulsion, à moins de disposer d’un autre statut légal aux États-Unis. Le dossier du Soudan du Sud portait sur un nombre limité de personnes : environ 232 bénéficiaires approuvés et 73 demandes en attente, selon des données rapportées par le cabinet Fragomen.
La Somalie et l’Éthiopie restent, pour l’instant, protégées par des ordonnances judiciaires actives. Un juge fédéral de Boston a renouvelé début août une suspension bloquant la fin du statut pour les ressortissants somaliens, quelques jours après qu’une cour d’appel a annulé des suspensions similaires visant l’Éthiopie et le Soudan du Sud. Selon le cabinet spécialisé i-9 Intelligence, les deux pays demeurent sous suspension ordonnée par un tribunal, avec des dates provisoires fixées au 10 août pour la Somalie et au 19 août pour l’Éthiopie.
Un effet domino depuis juin
Le déclencheur remonte à une décision de la Cour suprême rendue le 25 juin, dans l’affaire Mullin v. Doe, qui a autorisé l’administration à mettre fin au statut protecteur pour Haïti et la Syrie. Cette décision a servi de base juridique pour lever les suspensions accordées à plusieurs autres pays : le Yémen a perdu sa protection le 20 juillet, suivi de Haïti et de la Syrie le 27 juillet, puis de la Birmanie et du Soudan du Sud le 7 août.
Douze désignations ont été retirées depuis le retour de l’administration au pouvoir : Haïti, la Syrie, le Yémen, l’Afghanistan, le Cameroun, le Népal, le Honduras, le Nicaragua, le Venezuela, le Soudan du Sud, la Birmanie et la Somalie — cette dernière ayant retrouvé sa protection par voie de suspension après un premier retrait.
Une protection née dans les années 1990
Le statut de protection temporaire avait été créé en 1990 par le Congrès américain, pour permettre aux ressortissants de pays touchés par un conflit armé, une catastrophe naturelle ou une crise humanitaire de rester légalement sur le territoire américain sans obtenir la résidence permanente. La Somalie en bénéficie depuis 1991, un an après la création du dispositif, à la suite de l’effondrement de ses institutions étatiques.
L’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem avait justifié les décisions de retrait en estimant que les conditions dans les pays concernés s’étaient suffisamment améliorées pour ne plus remplir les critères légaux du dispositif. Un juge du district du Massachusetts s’était opposé à cette lecture pour l’Éthiopie fin janvier, en maintenant la suspension malgré deux décisions favorables obtenues entretemps par le département de la Sécurité intérieure devant la Cour suprême sur des dossiers similaires.
Les personnes ayant perdu leur statut protecteur peuvent solliciter d’autres voies légales pour rester aux États-Unis, notamment une demande d’asile ou une régularisation par un membre de la famille, selon les organisations d’aide aux migrants.



