Xénophobie : une Congolaise détruit son salon plutôt que de le céder en Afrique du Sud

Un salon de coiffure a été entièrement saccagé le 14 juillet à Melmoth, dans la province du KwaZulu-Natal, par sa propriétaire elle-même. Miroirs brisés, mobilier arraché, équipements détruits : la scène, filmée et largement partagée sur les réseaux sociaux, a suivi une ultime négociation ratée sur la cession forcée du commerce.

Une pression pour céder l’affaire à un Sud-Africain

La propriétaire, originaire de République démocratique du Congo et installée légalement dans le pays selon ses propres déclarations, affirme avoir été approchée par un groupe local exigeant qu’elle cède son salon à un entrepreneur sud-africain. « Aucun étranger ne serait autorisé à posséder un salon », lui aurait-on annoncé, avant l’arrivée du repreneur pressenti. La coiffeuse dit avoir d’abord pris ces propos à la légère, ne s’attendant pas à une mise à exécution aussi rapide.

L’affaire aurait pris un tour plus tendu lorsque des membres du groupe auraient confondu la salonnière avec une ressortissante mozambicaine en situation irrégulière. « Je suis congolaise et en règle en Afrique du Sud« , aurait-elle rétorqué, visiblement blessée par cette accusation qu’elle juge infondée.

Un désaccord sur la valeur des équipements

La propriétaire avait investi plus de 120 000 rands (environ 6 000 euros) dans l’aménagement de son salon, et venait tout juste de régler 12 000 rands de loyer avant la confrontation. Invitée à chiffrer son départ, elle aurait dans un premier temps réclamé le remboursement intégral de son investissement, avant d’accepter de le ramener à 50 000 rands. Un homme du groupe aurait alors rejeté cette somme, ne proposant que 10 000 rands — un montant que la salonnière a jugé dérisoire au regard de ses pertes. Ce refus aurait déclenché la destruction méthodique du local.

Cet épisode s’ajoute à une série d’incidents similaires recensés ces dernières semaines dans plusieurs villes sud-africaines, où des commerces tenus par des ressortissants étrangers font l’objet de sommations comparables, sur fond de manifestations anti-immigration organisées par des mouvements communautaires locaux. Statistics South Africa évaluait fin 2025 à plus de 2,8 millions le nombre d’immigrants résidant dans le pays, une population régulièrement visée par des campagnes accusant les étrangers de capter emplois et opportunités économiques dans un cadre de chômage élevé, supérieur à 30% selon les derniers chiffres officiels. Les autorités locales n’ont pour l’heure communiqué aucune suite judiciaire à l’affaire. L’identité de la propriétaire du salon n’a pas été rendue publique.

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