Après des représailles iraniennes en Jordanie, Trump envisage des frappes à Ormuz

Un plan de frappes militaires limitées contre des cibles iraniennes dans le détroit d’Ormuz attend la validation du président américain. Selon trois responsables américains cités par Axios, le dispositif a été élaboré la semaine dernière par le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient et soutenu par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.

Un plan né avant le dernier échange de tirs

Le projet cible en priorité les radars, les systèmes de défense aérienne et les rampes de missiles anti-navires que l’Iran chercherait à reconstruire dans la zone du détroit. Il n’avait toutefois pas encore reçu le feu vert de Donald Trump avant l’échange de tirs survenu ce week-end entre les deux pays.

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Dimanche, l’aviation américaine a bombardé l’île iranienne de Larak, une zone du détroit d’Ormuz, dans une opération inédite depuis un mois. D’après un responsable américain cité par *Axios*, deux rampes de lancement iraniennes auraient été touchées. En réponse, les Gardiens de la révolution iranienne revendiquent des frappes contre des installations militaires américaines en Jordanie.

Un incident déclencheur : un missile tiré vers un F-35

Un second événement aurait pesé dans la décision du commandement militaire américain : le tir d’un missile antiaérien iranien vers un avion de chasse F-35 chargé de protéger des navires dans le détroit. Le projectile serait resté à distance suffisante pour ne représenter aucun danger réel, mais les autorités américaines y voient la preuve que Téhéran tente de reconstruire son arsenal.

Un responsable américain, cité par Axios, a résumé l’objectif du plan par une formule imagée : selon lui, il s’agirait « d’entretenir le terrain » pour limiter les risques de nouvelles attaques contre les pétroliers, les bâtiments de l’US Navy et les avions de l’Air Force. La Maison Blanche s’est bornée à rappeler que le chef de l’État « garde toutes les options ouvertes ».

Un détroit sous tension depuis plusieurs mois

Le détroit d’Ormuz, large d’à peine 33 kilomètres à son point le plus étroit, reste l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde : environ un cinquième du pétrole mondial y transite chaque jour, selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie. Ces derniers mois, l’armée américaine avait repris peu à peu la main sur une large partie du détroit, combinant frappes ciblées, opérations de déminage discrètes et escorte des navires marchands.

Ce dispositif avait jusqu’ici limité la capacité de l’Iran à s’en prendre aux pétroliers, tout en permettant une reprise progressive du trafic commercial et des exportations pétrolières, ce qui réduisait le poids de Téhéran dans les négociations sur l’avenir du détroit. Les épisodes de Larak, de Jordanie et du F-35 pourraient rebattre cet équilibre, alors que Washington réévalue l’ampleur de sa présence militaire dans la région.

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