L’Iran a transmis à Washington, via le Qatar, ses conditions pour mettre fin à la guerre qui l’oppose aux États-Unis depuis février 2026. Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, l’a annoncé samedi lors d’un entretien exclusif accordé à Al Jazeera, précisant que Téhéran attend désormais la réponse du président américain Donald Trump. Ces exigences interviennent alors que les négociations indirectes entre les deux pays, suspendues depuis l’expiration d’un précédent mémorandum d’entente le mois dernier, tentent d’être relancées par la médiation qatarie et pakistanaise.
Trois conditions et une menace de « guerre décisive »
Selon Rezaei, les demandes iraniennes se résument à trois points : la cessation des hostilités sur l’ensemble des fronts, le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger et la levée du blocus naval américain. « Il est dans l’intérêt de Washington d’accepter ces conditions. Les menaces de Trump n’aboutiront à aucun résultat. Nous sommes prêts pour une guerre décisive », a-t-il averti.
Le responsable, arrivé à son poste il y a environ un mois, n’a pas exclu une nouvelle frappe américaine, qu’il juge « tout à fait envisageable ». Il affirme que l’Iran a modifié sa planification militaire pour cibler en priorité les moyens navals américains déployés dans le Golfe, le golfe d’Oman et la mer d’Arabie, et revendique le test récent d’un missile antinavire à charges multiples à proximité d’un porte-avions américain.
Un possible retrait du traité de non-prolifération
Sur le dossier nucléaire, Rezaei a averti que la doctrine iranienne pourrait évoluer. Il affirme que Téhéran reste fidèle à la fatwa de l’ancien guide suprême interdisant l’arme nucléaire, mais estime que les actions américaines et israéliennes donnent à l’Iran le droit de se retirer du traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP). Il précise toutefois qu’aucune décision n’a été prise en ce sens, celle-ci dépendant entièrement du comportement de Washington.
Cette déclaration s’ajoute à une pression interne croissante : un groupe de parlementaires iraniens a préparé début septembre un projet de loi d’urgence appelant au retrait du TNP, tandis que le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a voté le 9 septembre le renvoi du dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
Rezaei a par ailleurs évoqué le conflit parallèle au Yémen, souhaitant la fin des hostilités entre l’Arabie saoudite et les Houthis, tout en accusant Trump d’avoir mal calculé sa position sur l’Iran et en imputant le déclenchement de la guerre à Benjamin Nétanyahou.




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