L’eau salée et l’eau correctement chlorée ne présentent aucun risque de contamination par Naegleria fowleri. Cette précision intervient après la mort de Lillian Smart, une fillette de huit ans originaire de Ruston, en Louisiane, décédée le 22 août 2026 d’une infection contractée probablement dans le lac Claiborne.
Trois moyens fiables de neutraliser l’amibe
L’amibe, thermophile, ne survit pas dans l’eau froide ni dans l’eau de mer, selon les autorités sanitaires américaines. Un chlore correctement dosé la détruit également, ce qui explique pourquoi les piscines bien entretenues ne constituent pas un vecteur de contamination. L’ébullition de l’eau, suivie d’un refroidissement, élimine aussi l’organisme — une précaution recommandée pour l’eau utilisée lors de lavages nasaux.
Ce dernier point s’appuie sur un précédent documenté par les Centers for Disease Control and Prevention américains (CDC). En juin 2025, une femme de 71 ans est morte au Texas huit jours après avoir utilisé, pour un rinçage des sinus, de l’eau non traitée d’un camping-car. Les analyses ont confirmé la présence de l’amibe dans son liquide céphalo-rachidien.
Des contaminations qui dépassent les seuls lacs
La baignade en eau douce chaude demeure le principal mode de contamination, mais des cas récents montrent que le risque existe ailleurs. En septembre 2023, un enfant de seize mois est mort en Arkansas après avoir fréquenté une aire de jeux aquatiques insuffisamment désinfectée. Une enquête du CDC publiée en mars 2025 a confirmé, par typage génétique, que la souche retrouvée chez l’enfant correspondait à celle prélevée dans les bassins de l’installation. Deux enfants étaient déjà morts dans des circonstances comparables au Texas, en 2020 et en 2021.
Une pathologie rare mais presque toujours fatale
L’infection provoque une méningo-encéphalite amibienne primitive, qui détruit les tissus cérébraux. Le taux de mortalité atteint 97 %, selon le CDC. Entre 1937 et 2025, 180 cas ont été recensés aux États-Unis, avec une fourchette de zéro à huit infections par an — un volume resté globalement stable sur plusieurs décennies. Le Texas et la Floride concentrent le plus grand nombre de cas, suivis de la Virginie et de la Californie. Près de 91 % des infections surviennent en juillet et en août, lorsque les eaux douces atteignent leur température la plus élevée.
En Louisiane, ce décès porterait à cinq le nombre de victimes de l’amibe depuis 2011, selon le Louisiana Illuminator — un bilan que les autorités sanitaires de l’État n’ont pas confirmé officiellement. Des chercheurs cités par le Washington Post estiment que le réchauffement des eaux douces pourrait favoriser l’apparition de l’amibe dans des régions plus septentrionales, jusqu’ici peu concernées par ce type d’infection.



