Une fillette de 9 ans a subi des agressions sexuelles répétées à Kandi, dans le département de l’Alibori, de la part d’un homme de 27 ans qui fréquentait son domicile. L’affaire, présentée par Flore Djinou, secrétaire exécutive de l’Institut national de la femme (INF) et présentatrice de la chronique « Les Échos de la CRIET », s’est soldée par la confirmation en appel d’une peine de sept ans d’emprisonnement, dont cinq fermes.
Selon le récit présenté dans la chronique, Aruna Abbas se rendait périodiquement au domicile de l’enfant. Il aurait profité de différentes occasions pour conduire la fillette dans une chambre et lui imposer des actes sexuels, sous prétexte de lui donner des consignes.
Les faits n’ont été révélés qu’après une consultation médicale de routine. L’examen de l’enfant aurait permis au médecin de constater des signes de violences sexuelles et d’alerter les parents.
Une consultation médicale révèle les violences
Interrogée par ses parents après l’alerte du médecin, la fillette aurait raconté les agressions qu’elle disait subir. L’affaire a ensuite été portée devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
D’après les informations exposées par Flore Djinou dans la chronique, la juridiction avait condamné l’accusé le 25 novembre 2025 à sept ans d’emprisonnement, dont cinq ans ferme, ainsi qu’à une amende d’un million de francs CFA. Une indemnisation symbolique d’un franc avait également été accordée à l’INF.
La décision a été maintenue en appel pour des faits d’atteinte sexuelle sur une mineure de moins de 13 ans.
Pour Flore Djinou, cette affaire doit surtout conduire les adultes à revoir leur manière de protéger les enfants. « La vigilance des adultes et le courage de parler restent les meilleures protections pour nos enfants », a-t-elle déclaré dans la chronique.
Le cas rapporté à Kandi rappelle qu’un enfant peut être exposé à des violences dans un environnement qu’il connaît et avec un adulte qui lui est familier. La confiance accordée à une personne de l’entourage ne suffit donc pas à écarter tout risque.
Reconnaître les situations qui doivent alerter
La protection des mineurs passe aussi par l’observation des changements de comportement. Un enfant qui devient soudainement craintif, se replie sur lui-même, refuse certains contacts ou manifeste une peur inhabituelle peut avoir besoin d’une attention particulière.
Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une agression. Ils peuvent toutefois conduire les adultes à engager un dialogue adapté à l’âge de l’enfant et à rechercher une assistance professionnelle lorsque cela est nécessaire.
Les données disponibles montrent l’ampleur des violences sexuelles signalées au Bénin. L’INF avait fait état de plus de 1 500 cas de viol enregistrés au premier trimestre 2025. L’institution avait également recensé environ 1 117 cas en 2023 et plus de 2 000 en 2024. Ces chiffres portent sur les cas enregistrés et ne permettent pas de mesurer les violences qui ne font pas l’objet d’un signalement.
Le signalement comme moyen de protection
Dans sa chronique, Flore Djinou insiste sur la nécessité de rompre avec le silence lorsque des faits inquiétants sont constatés. « Observer, alerter et agir sauvent des vies », rappelle-t-elle. L’affaire de Kandi montre aussi l’importance de la prise en charge médicale dans la détection des violences. Dans ce cas, c’est un examen de routine qui aurait permis de découvrir les faits et de déclencher l’alerte familiale.
La sensibilisation vise donc autant les enfants que les adultes qui les entourent. Écouter une parole, prendre au sérieux un changement de comportement et signaler une situation préoccupante peuvent permettre d’intervenir avant que les violences ne se poursuivent. Comme le rappelle la secrétaire exécutive de l’INF : « Parler, c’est déjà les protéger. »


