Jeff Bezos s’apprête à devenir actionnaire minoritaire de Liverpool, quelques mois après l’arrivée de Bernard Arnault au capital du Paris FC. Le fondateur d’Amazon rejoint un consortium prêt à racheter environ un tiers des parts du club anglais, valorisé plus de 6 milliards de dollars selon Sky Sports.
Un accord imminent avec Fenway Sports Group
L’opération réunit plusieurs grandes fortunes autour de l’homme d’affaires britannique Amit Bhatia, gendre du magnat de l’acier Lakshmi Mittal, et associé à Eduardo Saverin, cofondateur de Facebook. Fenway Sports Group (FSG), propriétaire majoritaire des Reds depuis 2010, avait confirmé le mois dernier qu’un groupe d’investisseurs pourrait entrer au capital du club de façon minoritaire. Une annonce officielle pourrait intervenir dans les prochains jours, glisse une source proche du dossier citée par Sky Sports.
Ce groupe américain avait pris le contrôle du club en 2010, en pleine crise financière sous la direction des précédents propriétaires Tom Hicks et George Gillett. FSG avait déjà cédé une participation de 3% à la société de capital-investissement Dynasty Equity en 2023, opération utilisée pour réduire la dette du club. FSG resterait actionnaire de contrôle après l’arrivée de Bezos et Saverin.
Un mouvement engagé bien avant les Etats-Unis
L’entrée de capitaux privés dans le football européen ne date pas de cette semaine. Dès 2008, Abu Dhabi ouvrait la voie en rachetant Manchester City via l’Abu Dhabi United Group. Trois ans plus tard, le Qatar reprenait le Paris Saint-Germain pour environ 70 millions d’euros, un club aujourd’hui valorisé plusieurs milliards.
En France, un mouvement comparable s’est joué fin 2024 avec le rachat du Paris FC par la holding Agache de la famille Arnault. Cette opération a porté la participation du clan Arnault à 52,4% du capital, aux côtés de Red Bull (10,6%) et de l’ancien actionnaire majoritaire Pierre Ferracci, resté président du club francilien. Le budget engagé sur plusieurs années se situerait entre 100 et 200 millions d’euros, selon des estimations de presse.
Des profils d’investisseurs très différents
Contrairement aux fonds souverains du Golfe, qui recherchaient dès le départ le contrôle total de leurs clubs, les nouveaux entrants privilégient des prises de participation minoritaires. Bezos, dont la fortune est estimée à plus de 280 milliards de dollars par Forbes, n’avait jusqu’ici jamais investi dans un club sportif européen, après des tentatives infructueuses pour racheter des franchises de NFL. Saverin pèserait environ 33 milliards de dollars.
Selon un banquier de Deutsche Bank cité dans la presse spécialisée, le football professionnel constituerait « un secteur qui échappe aux bouleversements que l’intelligence artificielle impose à la plupart des autres industries« . Les clubs offriraient aussi une décorrélation avec les autres marchés financiers, un argument qui séduirait de plus en plus les grandes fortunes technologiques et industrielles à la recherche de diversification.
Liverpool compte six Ligues des champions à son palmarès et a remporté son 20e titre de champion d’Angleterre en 2025, avant une saison plus compliquée marquée par le départ de l’entraîneur Arne Slot, remplacé par Andoni Iraola.



