Infantino affaibli : la Fifa dénonce une offensive coordonnée à quatre mois de la présidentielle

Un communiqué inhabituel a été publié samedi par la Fifa, dénonçant des allégations jugées non étayées visant à affaiblir l’organisation et son président, Gianni Infantino. Ce texte intervient moins de 48 heures après la publication d’une enquête du quotidien britannique The Telegraph, révélant des accusations de favoritisme visant le dirigeant italo-suisse.

Une enquête qui remonte à l’époque UEFA

Selon The Telegraph, Infantino aurait profité de sa position à la tête du secrétariat général de l’UEFA, entre 2009 et 2016, pour accélérer l’ascension hiérarchique d’une proche collaboratrice, avec qui il aurait été en couple à cette période. D’après cette même source, la salariée en question aurait ensuite quitté l’organisation en percevant une indemnité de départ à six chiffres, ainsi que la prise en charge d’un cursus dans une école de commerce. Sollicitée par l’AFP, l’UEFA a confirmé qu’un versement avait bien eu lieu, précisant toutefois qu’il respectait « les règles alors en vigueur pour le personnel ». Un porte-parole de la Fifa a de son côté fait savoir que le président « réfute fermement » ces allégations.

Une fédération sur la défensive

Dans son communiqué, la Fifa affirme accueillir favorablement tout examen critique légitime, mais rejette toute tentative de déformation des faits ou d’amplification d’allégations jugées non étayées. L’instance ne cite aucun média ni aucune source précise dans sa réponse. Cette sortie médiatique survient dans un climat déjà tendu pour le président de 56 ans, fragilisé depuis l’abandon fin juillet de son projet d’ouverture du capital de la Coupe du monde à des investisseurs privés, une opération qui visait à lever environ 4,2 milliards de dollars. Ce plan avait provoqué une levée de boucliers chez plusieurs fédérations nationales et au sein même de la direction de la Fifa, débouchant sur des appels à la démission et sur une réunion de crise organisée au Maroc.

Des soutiens qui se maintiennent malgré les tensions

Face à la contestation, plusieurs confédérations continentales ont réaffirmé leur appui au dirigeant. La Confédération africaine de football a exprimé un soutien unanime, tandis que la CONMEBOL sud-américaine a écarté toute procédure de destitution qui ne passerait pas par un vote de l’ensemble des 211 fédérations membres. La fédération mexicaine a également maintenu son soutien, en dépit d’un appel de la CONCACAF à un examen approfondi de la présidence. À l’inverse, la fédération norvégienne, par la voix de sa présidente Lise Klaveness, a réclamé vendredi la démission pure et simple du dirigeant.

Cette controverse survient à un moment charnière pour Infantino, qui brigue un quatrième mandat lors du 77e congrès électif prévu le 18 mars 2027 à Rabat. Les statuts de la Fifa limitent en principe à trois le nombre de mandats présidentiels consécutifs, une règle que le dirigeant contourne en faisant valoir que son premier mandat, entamé en 2016 après la démission de Sepp Blatter, n’aurait duré que trois ans au lieu de quatre.

Laisser un commentaire