Burkina Faso : un bus intercepté avec 60 millions de FCFA de faux billets

Un carton étiqueté « objet fragile » dissimulait 12 kilogrammes de billets contrefaits à bord d’un autocar de transport en commun. La Direction générale des Douanes du Burkina Faso a présenté ce butin à la presse jeudi, évalué à 60 millions de francs CFA en coupures de 5 000 francs falsifiées.

Le véhicule avait d’abord fait l’objet d’un simple contrôle routier sur l’axe menant à Tenkodogo. Rien, à ce stade, ne laissait présager la présence de fausse monnaie. Ce sont les vérifications complémentaires menées ultérieurement à Ouagadougou qui ont permis de mettre au jour la marchandise illicite, cachée parmi d’autres colis du bus.

Un convoi retardé par une panne mécanique

L’autocar devait initialement rallier directement le siège de la Direction générale des Douanes pour un contrôle approfondi. Le trajet a toutefois été interrompu : une panne mécanique a cloué le véhicule à Toécé, localité distante d’une quatre-vingtaine de kilomètres de Ouagadougou.

Dès le 25 juillet, la surveillance du car a été assurée conjointement par les gendarmes locaux et les Volontaires pour la défense de la patrie postés dans le secteur. Le convoi n’a repris la route qu’après réparation, pour finalement atteindre les locaux douaniers de Ouagadougou le 31 juillet. C’est lors du déchargement et de l’inspection des colis que les agents ont repéré le carton suspect, révélant à l’analyse des appareils de contrôle qu’il s’agissait de faux billets.

Une cargaison mêlant fausse monnaie et produits prohibés

Au-delà des billets contrefaits, la fouille a livré un lot hétéroclite de marchandises interdites. Les douaniers ont saisi 99 plaquettes de Tapentadol, un antalgique opioïde régulièrement détourné à des fins récréatives, ainsi que 360 plaquettes de Vasilium et dix boules de chanvre indien. Le minibus lui-même, de marque Yutong, a été retenu comme pièce du dossier, pour une valeur estimée à 10 millions de francs CFA. Au total, l’ensemble de la saisie, faux billets compris, représenterait plus de 75,6 millions de francs CFA.

L’identification des responsables reste compliquée. Le propriétaire du véhicule nie toute responsabilité dans le transport des marchandises saisies*, selon les explications recueillies par la Douane. Le convoyeur et l’apprenti du bus, qui auraient pu apporter des précisions sur l’origine des colis, avaient déjà quitté le véhicule avant la découverte des faux billets, un délai que Yves Kafando, directeur général des Douanes, qualifie de *zone d’ombre qui devra être éclaircie.

Une procédure judiciaire ouverte

Une enquête a été lancée pour établir les responsabilités et remonter la filière à l’origine de cette cargaison. Nous entendons ouvrir une procédure judiciaire, a annoncé Kafando, précisant que les faux billets et les autres produits saisis seront transmis au procureur comme pièces à conviction.

La lutte contre le faux monnayage relève d’un cadre juridique commun aux huit pays de l’Union monétaire ouest-africaine. Une loi adoptée en mars 2026 a harmonisé les sanctions contre la contrefaçon du franc CFA à l’échelle de l’UMOA, tandis que la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest centralise et détruit les billets contrefaits saisis dans la sous-région après analyse dans son laboratoire spécialisé. Cette opération survient alors que plusieurs saisies de marchandises frauduleuses ont déjà été signalées ces derniers mois sur les axes reliant les régions frontalières à Ouagadougou.

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