Plusieurs officiels du Golfe reprochent en coulisses à Washington de ne pas les avoir protégés des représailles iraniennes, un grief similaire à celui déjà adressé à Moscou après ses trois alliés perdus en un peu plus d’un an. Treize missiles balistiques et dix-sept drones iraniens ont frappé l’aéroport international de Koweït City le 3 juin 2026, faisant un mort et 63 blessés, quelques heures après qu’un missile américain a endommagé un pétrolier dans le détroit d’Ormuz.
Des monarchies pétrolières prises pour cible
Depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février 2026, les pays du Golfe subissent les représailles de Téhéran sans avoir engagé le conflit. Les infrastructures pétrolières, les usines de dessalement et les aéroports-hubs de Dubaï, d’Abou Dabi et de Doha ont été visés par la riposte iranienne, selon l’Institut de relations internationales et stratégiques.
Un épisode montre particulièrement ce malaise. Après le bombardement israélien d’un immeuble à Doha en septembre 2025, qui avait tué six civils, Doha a réaffirmé publiquement son partenariat avec Washington. Mais en coulisses, des officiels qataris s’interrogeaient sur l’absence de réaction préventive américaine, faisant valoir que la défense aérienne du pays reposait presque exclusivement sur leurs propres moyens militaires.
Un pacte tripartite scellé à La Mecque
Face à ce constat, l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont signé le 7 août 2026 un accord de défense mutuelle réunissant le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à La Mecque. Le texte prévoit qu’une agression contre l’un des trois pays engagera automatiquement la solidarité militaire des deux autres.
Ce pacte vient élargir un premier engagement bilatéral entre Riyad et Islamabad, conclu en septembre 2025 dans la foulée des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Il marque aussi un revirement diplomatique notable entre l’Arabie saoudite et la Turquie, deux puissances régionales longtemps divisées par l’affaire Khashoggi et leurs désaccords sur les Frères musulmans, avant un dégel amorcé par des contrats saoudiens portant sur des drones turcs.
Riyad a tenu à écarter toute lecture agressive de ce rapprochement. Selon la diplomatie iranienne, ce pacte refléterait avant tout une perte de confiance progressive des pays de la région envers les engagements sécuritaires américains, tout en assurant que Téhéran ne s’en sentait pas menacée. Le Wall Street Journal rapportait de son côté, le 2 août, que plusieurs monarchies du Golfe avaient demandé à Donald Trump de privilégier la voie diplomatique plutôt qu’une nouvelle vague de bombardements.
Un scénario déjà vécu par trois alliés de Moscou
Ce constat rejoint, avec un temps d’avance, celui déjà dressé côté russe. Depuis fin 2024, trois alliés de Moscou ont subi des revers majeurs sans qu’aucune intervention militaire du Kremlin ne vienne les secourir. Le régime de Bachar al-Assad s’est effondré en Syrie en décembre 2024, mettant fin à des décennies de soutien militaire russe incluant la base navale de Tartous et une campagne aérienne engagée dès 2015. Un an plus tard, en janvier 2026, le président vénézuélien Nicolás Maduro a été capturé sans que la Russie ne réagisse militairement, alors que Caracas figurait parmi ses partenaires stratégiques les plus courtisés en Amérique latine.
Le troisième épisode concerne directement l’Iran : le 28 février 2026, le guide suprême Ali Khamenei a été tué lors de frappes américano-israéliennes, malgré un partenariat stratégique global signé entre Moscou et Téhéran en janvier 2025. La réaction russe s’est limitée à des protestations diplomatiques formulées quelques heures après le début des frappes, sans soutien militaire concret.
Le Carnegie Endowment for International Peace a qualifié cette tendance de récurrente, jugeant que le Kremlin abandonne régulièrement ses partenaires dès que la situation devient réellement critique pour eux. Un constat renforcé en avril 2026 par le retrait des forces russes de l’Afrika Korps de la ville malienne de Kidal, sous la pression de groupes jihadistes, alimentant les doutes sur la fiabilité de Moscou comme partenaire sécuritaire jusque sur le continent africain. Les analystes attribuent cette prudence à la guerre en Ukraine, qui mobilise l’essentiel des ressources militaires et diplomatiques russes depuis plus de quatre ans.
La guerre en Iran de 2026 constitue le troisième conflit majeur dans le détroit d’Ormuz depuis 1980, après les deux premières guerres du Golfe de 1991 et 2003. Sur le terrain diplomatique, l’Arabie saoudite a néanmoins participé fin juillet à des bombardements américains contre des cibles pro-iraniennes en Irak, révélant une position ambivalente entre ressentiment et coopération contrainte face à Washington.




Je pense qu’on demande trop à la Russie en ce moment, ou alors elle en fait un peu trop.
Sa guerre contre l’Ukraine lui coûte cher.
@Nimporte qu
»Maduro a été vendu par son entourage, du coup les Russes ne pouvait plus rien faire. »
c’est faux. La Russie pouvait anticiper via FSB.
»Bachar a refusé de se battre. Les Russes ne pouvait pas le forcer à le faire ! » »
c’est un discours de LOSER. Bachar a renoncé au combat parce qu’il savait que la Russie n’avait les moyens de le défendre.
La Russie et l’AES…Elle joue petit bras à cause de sa guerre en Ukraine.
« malgré un partenariat stratégique global signé entre Moscou et Téhéran en janvier 2025 »
JUSTEMENT PAS. Le partenariat avec l’Iran n’était PAS global puisqu’il n’incluait pas le volet militaire. Faut faire un peu gaffe à ce que vous racontez …
Maduro a été vendu par son entourage, du coup les Russes ne pouvait plus rien faire.
Bachar a refusé de se battre. Les Russes ne pouvait pas le forcer à le faire !
La rencontre Rubio-Lavrov montre bien que les ricains ne sont pas dupes : la Russie (et la Chine) ont donné un sacré coup de main à l’Iran … qui s’en sort gagnante, faut-il le préciser.
D’un autre côté, le manque de missiles US en Iran provient du fait que la guerre d’attrition en Ukraine a considérablement entamé les stocks.
Du coup Trump va perdre en Iran et en Ukraine.
Bravo monsieur le prix nobel du melon
« la guerre d’attrition en Ukraine a considérablement entamé les stocks US de missiles » …
… nen déplaise aux tordus qui brament comme des veaux que la petite ukraine se bat seule contre la Russie