Donald Trump a récolté plus de 781,9 millions de dollars en dons et versements divers depuis l’élection de novembre 2024, selon une enquête du Wall Street Journal. Cette somme provient d’entreprises et de donateurs fortunés et transite par un ensemble de fondations, comités politiques et institutions culturelles liés au président et à ses proches.
Un montage financier peu régulé
Contrairement aux dons de campagne classiques, ces structures ne sont pas toutes soumises aux mêmes obligations de transparence. Le Journal précise que les organisations liées à Trump varient dans leur degré d’obligation de divulgation financière, ce qui complique l’évaluation exacte de l’ampleur du réseau et de l’usage final des fonds. Une partie de cet argent aurait servi à financer des projets personnels du président, dont la construction d’une salle de bal à la Maison-Blanche et sa future bibliothèque présidentielle, ainsi qu’un super PAC et plusieurs comités thématiques.
Ce type de financement présidentiel n’est pas inédit dans son principe : des dirigeants américains ont par le passé sollicité des fonds privés pour leurs cérémonies d’investiture ou leurs fondations. Son ampleur actuelle le serait, en revanche. Pour comparaison, le comité inaugural du président Barack Obama avait rassemblé 53 millions de dollars en 2009 — un montant déjà doublé par celui de Trump en 2017, avec 107 millions de dollars collectés.
Des dons alignés sur le calendrier politique
Un chevauchement entre le versement de certains fonds et l’adoption de décisions favorables aux entreprises donatrices ressort de l’enquête. Un comité politique proche du président, Securing American Greatness, axé sur la baisse des impôts et la sécurité, aurait ainsi reçu un chèque de 10 millions de dollars signé par Meta. Ce type de coïncidence entre dons et calendrier administratif alimenterait des interrogations sur un possible accès privilégié accordé à certains contributeurs.
Plusieurs cadres d’entreprises et lobbyistes, interrogés dans le cadre de l’enquête, décrivent des demandes de contribution allant jusqu’à 50 millions de dollars, adressées directement par l’entourage présidentiel pour financer divers projets liés à Trump. Aucun texte de loi n’encadre aujourd’hui la capacité d’un président en exercice à lever des fonds illimités pour ce type de structures à but non lucratif.
La Maison-Blanche dément toute influence
Une ancienne porte-parole de l’équipe de transition de Trump, Danielle Alvarez, a rejeté toute idée d’échange d’influence contre financement, affirmant que le président n’est acheté par personne. Cette réaction intervient alors que la même équipe de transition avait publié, avec un an de retard sur son engagement initial, la liste de ses 45 donateurs — parmi lesquels figurent plusieurs futurs membres du cabinet. L’enquête du Wall Street Journal s’appuie sur des dizaines d’entretiens menés auprès de donateurs, dirigeants d’entreprises, lobbyistes et conseillers proches du président.




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