Les bases militaires russes de Hmeimim et Tartous vont être converties en centres d’entraînement conjoints d’ici trois mois. Le ministère syrien des Affaires étrangères a confirmé cette échéance dimanche, à l’issue de dix-huit mois de pourparlers avec Moscou.
Un délai fixé par Damas
L’accord prend la forme d’un mémorandum d’entente entre la Syrie et la Russie. Selon le texte, les sites militaires actuellement occupés par les forces russes seront reconvertis en installations partagées destinées à la formation, dans un cadre censé préserver les intérêts des deux pays. Le transfert doit être bouclé en trois mois, faute de quoi de nouvelles dispositions entreront en vigueur.
Les parties civiles des deux sites changent également de mains. L’aéroport de Hmeimim et le quatrième quai commercial du port de Tartous passeront sous administration civile syrienne, un transfert que Damas présente comme une avancée significative depuis l’ouverture des discussions.
Un héritage de la guerre civile
La présence russe sur la côte syrienne ne date pas de l’intervention militaire de 2015. Elle remonte à 1971, lorsque l’Union soviétique installe à Tartous un point d’appui logistique pour sa flotte — seul avant-poste militaire russe hors de l’ex-URSS avec Hmeimim, activé quarante-quatre ans plus tard pour soutenir Bachar al-Assad face aux rebelles.
L’ancien régime avait consenti à Moscou un bail de 49 ans pour Tartous et un accord sans limite de durée pour Hmeimim. Depuis la chute d’al-Assad en décembre 2024 et son exil vers la Russie, ces conditions font l’objet d’une renégociation portée par le président par intérim Ahmed al-Charaa, reçu à deux reprises à Moscou par Vladimir Poutine.
Ce que le texte ne précise pas
Le communiqué syrien reste silencieux sur plusieurs points. Le nombre de militaires russes qui resteront sur place n’est pas indiqué, pas plus que la nature exacte des activités prévues dans les futurs centres conjoints. La durée du nouveau cadre et son articulation avec les accords antérieurs signés sous Assad ne sont pas non plus détaillées.
Le Kremlin n’a pas réagi publiquement à l’annonce syrienne dans l’immédiat. Plus tôt cette année, la Russie avait déjà retiré ses troupes de l’aéroport de Qamichli, dans le nord-est kurde du pays, un geste interprété comme un premier signe de repli de son dispositif militaire hérité de la guerre civile.



