Les États-Unis renforcent leurs contrôles liés à Ebola : les Américains ayant séjourné en RDC doivent attendre 21 jours avant de prendre un vol commercial vers le pays, tandis que ceux revenant d’Ouganda ou du Soudan du Sud sont soumis à un contrôle sanitaire renforcé. La mesure, annoncée le 7 août par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), intervient alors que l’épidémie de virus Ebola Bundibugyo se poursuit en Afrique centrale et orientale.
Les ressortissants américains ayant été présents en RDC dans les 21 jours précédant leur voyage doivent attendre que cette période soit écoulée après leur départ du pays avant de pouvoir rejoindre les États-Unis par avion commercial. La règle concerne aussi les passagers ayant simplement transité par la RDC, même sans descendre de leur appareil.
Pour les voyageurs américains ayant séjourné en Ouganda ou au Soudan du Sud sans être passés par la RDC, le retour reste autorisé. Leurs vols doivent toutefois arriver par l’un des quatre aéroports désignés : Washington Dulles, Atlanta, Houston ou New York-JFK. Un contrôle du CDC est alors prévu, avec vérification des antécédents de voyage, recherche de symptômes et prise de température.
Une restriction liée à la circulation du virus
Le CDC indique que ces dispositions visent à réduire le risque d’importation du virus aux États-Unis. L’agence précise toutefois qu’aucun cas d’Ebola lié à cette épidémie n’a été confirmé sur le territoire américain et que le risque pour la population américaine reste faible.
La situation demeure en revanche préoccupante en RDC. Selon la dernière mise à jour de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée le 1er août, l’épidémie due au virus Bundibugyo avait atteint 3 605 cas confirmés et 1 587 décès au 30 juillet. L’OMS recensait alors 49 zones de santé affectées dans cinq provinces congolaises.
L’agence souligne que les déplacements de population, les mouvements transfrontaliers et l’insécurité compliquent le contrôle de la transmission. Ces facteurs expliquent aussi l’attention portée aux voyageurs ayant récemment circulé dans la région.
Une souche d’Ebola sans vaccin approuvé
L’épidémie actuelle présente une particularité scientifique : elle est provoquée par le virus Bundibugyo, une espèce distincte du virus Ebola responsable des grandes épidémies associées à la souche Zaïre. L’OMS rappelle que cette souche avait déjà été identifiée lors de deux précédentes flambées, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012.
Aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé n’est actuellement disponible contre le virus Bundibugyo. La prise en charge repose donc sur les soins de soutien, tandis que des candidats vaccins et thérapeutiques font l’objet d’évaluations.
Cette particularité distingue l’épidémie actuelle de certaines précédentes flambées d’Ebola pour lesquelles des outils médicaux spécifiques étaient disponibles. L’OMS estime que le risque reste faible à l’échelle mondiale, mais juge le niveau de risque très élevé en RDC, où la transmission continue de progresser.



