Sa fiancée arrêtée par l'ICE, un pro-Trump regrette son vote et parle de "Gestapo"

Huit agents de l’ICE ont interpellé une femme de 45 ans le 24 juillet à l’aéroport international de Houston, alors qu’elle s’apprêtait à embarquer pour Las Vegas avec son compagnon. Yasmin Suarez Reyes, née au Venezuela et détentrice de la nationalité espagnole, reste détenue depuis dans un centre de rétention au Texas.

Une arrestation au moment de l’embarquement

Le couple venait de passer les contrôles de sécurité pour se rendre à un salon professionnel du meuble. Selon le récit de son fiancé rapporté par CBS News, des agents en civil ont encerclé Suarez Reyes après le passage en salle d’embarquement, avant de l’emmener jusqu’à un véhicule, « sans donner aucune justification sur le moment. Son avocate, Anne Kennedy, précise que sa cliente était entrée légalement sur le territoire américain en octobre 2023 via le programme d’exemption de visa. Elle avait ensuite déposé une demande d’asile encore en cours d’examen, disposait d’un permis de travail ainsi que d’un permis de conduire texan, et n’avait aucune condamnation pénale à son dossier. Son autorisation initiale de séjour avait toutefois expiré, ce qui a justifié l’action de l’agence fédérale.

Un électeur républicain de longue date dit regretter son vote

John Gannon, 75 ans, homme d’affaires propriétaire de plus d’un millier de panneaux publicitaires aux États-Unis ainsi que d’un hôtel et d’un restaurant au Mexique, se décrit comme un électeur républicain depuis toujours. Il avait voté pour Donald Trump lors de la dernière présidentielle. Interrogé par CBS News mercredi, il a affirmé ne plus vouloir renouveler ce choix : « Je ne referais pas ça, pas après ce fiasco ». Il a comparé la méthode des agents à celle de la police politique du régime nazi, déclarant que l’intervention ressemblait « à la Gestapo ». Gannon estime que les autorités devraient cibler les personnes ayant un casier judiciaire plutôt que des familles installées légalement sur le territoire.

Une vague d’arrestations record en juillet

Le cas de Gannon et Suarez Reyes s’ajoute à une série d’interpellations similaires visant des proches d’électeurs républicains ces dernières semaines, notamment celle d’un couple du Wisconsin dont l’épouse péruvienne avait passé 49 jours en détention avant sa libération sous caution. Le mois de juillet a marqué un record de placements en rétention depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, avec plus de 46 000 arrestations recensées par l’ICE sur cette seule période, selon les données citées par plusieurs médias américains. Environ 70 % des personnes actuellement détenues par l’agence n’ont aucune condamnation pénale à leur actif, un chiffre qui alimente les critiques sur les méthodes de ciblage employées, notamment dans les aéroports.

Fondée en 2003 dans le cadre de la réorganisation de la sécurité intérieure américaine après les attentats du 11 septembre 2001, l’agence d’immigration et des douanes dispose d’un budget qui a fortement augmenté depuis le début du second mandat de Trump, avec des objectifs chiffrés de déportations annuelles fixés par l’administration.

Gannon dit continuer de plaider pour la libération de sa fiancée, qu’il décrit comme « quelqu’un de bien ». Le Département de la Sécurité intérieure a confirmé à l’hebdomadaire People la date de l’arrestation, sans commenter davantage le dossier. La procédure d’asile de Suarez Reyes demeure pendante devant la justice.

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