Aux Etats-Unis, le prix moyen de l’essence a bondi de près d’un tiers en quelques jours dès le 28 février, jour de l’attaque contre l’Iran. Six mois plus tard, cette flambée s’étend à plusieurs pays occidentaux, dont la France, où le gazole dépassait 2,90 euros le litre ce lundi 21 septembre.
Le sans-plomb 98 s’affichait quant à lui à 2,88 euros dans plusieurs stations françaises, selon des relevés constatés en région parisienne. Au Royaume-Uni, le diesel a atteint un record historique fin septembre à plus de 195 pence le litre, en hausse de 37% depuis fin février. En Allemagne, l’essence a progressé de 10 à 15% sur la même période, selon des données compilées par Statista.
Les Etats-Unis, point de départ de la crise
Le prix de l’essence, alors à 2,98 dollars le gallon aux Etats-Unis au moment de l’attaque, a immédiatement grimpé sous l’effet des perturbations touchant le principal bassin pétrolier et gazier du golfe Persique.
Six mois plus tard, la situation ne s’est pas apaisée. Le diesel a atteint un record national de 5,85 dollars le gallon fin août, dépassant le précédent pic de juin 2022 fixé pendant la guerre en Ukraine. Mi-septembre, l’essence ordinaire s’établissait à 4,37 dollars le gallon en moyenne nationale, contre environ 3,80 dollars un mois plus tôt. La Californieaffiche désormais le prix le plus élevé du pays, à plus de 6 dollars le gallon, tandis qu’au moins six Etats dépassent le seuil des 5 dollars.
L’exécutif américain, qui avait promis un reflux rapide des prix une fois le conflit achevé, peine désormais à tenir cet engagement. Le président avait évoqué un possible retour sous les 2 dollars le gallon, un niveau plus atteint depuis la pandémie de Covid-19 en 2020. À moins de huit semaines des élections de mi-mandat, la question du pouvoir d’achat s’impose comme un enjeu de campagne, l’indice de confiance des consommateurs de l’université du Michigan ayant reculé nettement sur fond d’inquiétudes inflationnistes.
La France à son tour sous pression
Le blocage partiel du détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial, continue de peser sur les cours du Brent, qui évoluait encore au-dessus de 100 dollars le baril lundi. La France ressent directement cette pression six mois après le début du conflit.
Sébastien Lecornu a tenu deux réunions ministérielles ce lundi pour tenter de répondre à la colère des automobilistes. L’une d’elles portait sur l’accompagnement à court et moyen terme des ménages français, selon des informations relayées par franceinfo. Le Premier ministre avait déjà demandé, le 16 septembre, de prolonger jusqu’au 31 décembre 2026 les aides ciblées destinées aux secteurs les plus exposés à la hausse des prix, dont les pêcheurs, les agriculteurs et les entreprises du bâtiment.
Le ministre de l’Economie Roland Lescure a en revanche écarté toute baisse générale des taxes sur les carburants, jugée inefficace et inéquitable. Francis Perrin, directeur de recherche à l’Iris, voit dans le conflit au Moyen-Orient le principal moteur de cette envolée, plus déterminant selon lui que ne l’avait été l’invasion de l’Ukraine sur les marchés pétroliers.
Une opinion publique divisée sur les responsabilités
En France, la perception de la crise évolue. Un sondage Elabe pour BFMTV indique que 62% des Français désignent désormais l’Etat comme premier responsable de la hausse des prix, contre 45% il y a six mois. La guerre en Iran, autrefois citée en premier lieu, n’arrive plus qu’en seconde position parmi les causes évoquées, devançant tout de même les compagnies pétrolières, mentionnées par 52% des sondés.




Le Mini Micon a dit : « C’est pas ma faute ! »
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Il a raison de le dire puisqu’il y a plein de débiles qui le croient