Menacée par une OQTF, une mère marocaine échappe à l'expulsion grâce à une mobilisation citoyenne

L’expulsion vers le Maroc de Nisrine Driouich, mère de six enfants vivant à Vesoul, a été suspendue le 19 août 2026. La préfecture de Haute-Saône attend désormais une décision de justice avant toute nouvelle mesure d’éloignement.

La famille de Nisrine Driouich ne devrait finalement pas être séparée ce dimanche 23 août. La préfecture de Haute-Saône a décidé de suspendre l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) visant cette Marocaine de 40 ans, dans l’attente de l’examen du recours introduit par la famille devant la cour administrative d’appel de Nancy. La décision a été communiquée mercredi 19 août, après plusieurs jours de mobilisation à Vesoul.

La préfecture aurait toutefois invité la mère de famille à envisager un retour volontaire au Maroc pendant l’attente de la décision judiciaire. Cette possibilité ne constitue pas une annulation de l’OQTF. La mesure d’éloignement reste donc au centre du dossier.

Une expulsion prévue le 23 août

Le dossier avait pris une nouvelle tournure le 9 août. Nisrine Driouich s’était présentée au commissariat de Vesoul dans le cadre de son assignation à résidence. Elle avait alors été placée en rétention administrative à Metz en vue de son éloignement. Un départ vers le Maroc avait été envisagé dès le lendemain, mais un malaise l’avait empêchée d’embarquer.

Le juge des libertés et de la détention avait ensuite ordonné sa remise en liberté le 14 août. Une nouvelle date d’éloignement avait toutefois été fixée au 23 août, maintenant la menace d’une séparation avec ses six enfants. Ces éléments ont été rapportés par L’Est Républicain et L’Insoumission.

Arrivée en France en 2021 avec quatre de ses enfants, Nisrine Driouich avait rejoint son mari, titulaire d’un titre de séjour et salarié à Vesoul. Le couple a ensuite eu deux autres enfants en France, dont le plus jeune est âgé de 21 mois, selon les informations rapportées par L’Est Républicain.

Plus d’une centaine de personnes mobilisées

Le 15 août, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Haute-Saône pour demander l’abandon de la mesure d’éloignement. La mobilisation avait été organisée avec le soutien d’associations et de syndicats locaux. Une pétition avait également été lancée.

Lors du rassemblement, Nisrine Driouich avait défendu sa volonté de rester auprès de ses enfants. Elle avait déclaré : « Je veux juste vivre avec mes enfants. » Son fils aîné, âgé de 17 ans, avait également fait part de son inquiétude concernant l’avenir de la famille.

La suspension annoncée le 19 août intervient donc quelques jours avant la date d’expulsion prévue. Elle laisse désormais la justice administrative se prononcer sur le recours de la famille.

Le cadre des OQTF

L’OQTF est une mesure administrative française ordonnant à un étranger de quitter le territoire. Le dispositif existe sous sa forme actuelle depuis la réforme entrée en vigueur en 2007. Les données officielles montrent que les éloignements forcés de personnes étrangères en situation irrégulière ont encore progressé en 2024, de 9,7 % par rapport à 2023.

Pour Nisrine Driouich, l’échéance du 23 août est donc suspendue, mais son avenir administratif en France reste lié à la procédure engagée devant la cour administrative d’appel de Nancy.

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