Aucune image du guide suprême iranien n’a filtré depuis six mois. Donald Trump a mis fin à ce silence mercredi en affirmant que Mojtaba Khamenei avait survécu aux frappes de février, tout en décrivant pour la première fois la nature de ses blessures.
Le président américain s’exprimait au téléphone avec l’animateur Glenn Beck, deux jours après un rapport du magazine The Atlantic citant des sources à Téhéran évoquant un possible décès ou un état de mort cérébrale. « Je ne crois pas qu’il soit mort. Il a été blessé très sérieusement, tout le côté gauche du corps, le bras, la jambe« , a déclaré Trump, écartant ces spéculations.
Une conviction fondée sur l’attitude de Téhéran
Aucun élément officiel n’accompagne cette déclaration. Trump justifie sa position par le comportement des négociateurs iraniens, qui continueraient d’évoquer la nécessité d’obtenir l’aval du guide suprême avant chaque décision. « S’il est mort, ils donnent une sacrée bonne performance, parce qu’ils parlent tout le temps d’aller le voir pour obtenir sa bénédiction finale« , a-t-il ajouté, tout en qualifiant les responsables iraniens de groupe peu fiable. Le mystère s’est encore épaissi mardi dernier lorsque Mojtaba Khamenei ne s’est pas montré à la veillée organisée pour son père à la plus grande mosquée de Téhéran.
Une succession dans l’ombre depuis mars
Ali Khamenei, père de l’actuel dirigeant, a été tué le 28 février dans la première salve de frappes américano-israéliennes ayant déclenché le conflit. L’Assemblée des experts a désigné son fils cadet pour lui succéder dès le 8 mars. Âgé de 56 ans, Mojtaba Khamenei n’a depuis livré aucune image de lui-même : ses interventions publiques se limitent à des textes lus par un présentateur à la télévision d’État.
Des blessures jamais confirmées côté iranien
Plusieurs médias américains évoquent depuis des mois, sur la base de sources iraniennes anonymes, de multiples interventions chirurgicales aux bras et aux jambes, ainsi que des brûlures au visage qui gêneraient son élocution. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait, dès mars, parlé d’un dirigeant probablement défiguré. Une source liée aux services de renseignement américains était allée jusqu’à évoquer la perte d’une jambe.
Téhéran n’a jamais confirmé ces éléments et n’a produit aucun document médical. Le président iranien Masoud Pezeshkian a lui-même admis que joindre le guide suprême était devenu compliqué, sans donner davantage de précisions.
La position de Trump a varié depuis le printemps. Le 13 mars, il jugeait Khamenei vivant mais « abîmé« . Trois jours plus tard, il affirmait à l’inverse ignorer s’il était toujours en vie, faute d’apparition publique. La sortie de mercredi tranche donc en faveur d’un maintien en vie, sans dissiper les interrogations sur sa capacité réelle à diriger le pays.
Trump a par ailleurs évoqué le détroit d’Ormuz, qu’il juge rouvert dans les faits, les mines y ayant selon lui été retirées. Les Gardiens de la révolution ont réaffirmé mercredi que la voie maritime resterait fermée tant que Washington n’accepterait pas les conditions posées par l’Iran.



