Abdourahamane Tiani a affirmé à Abdelmadjid Tebboune que la situation au Niger était « totalement sous contrôle », lors d’un entretien téléphonique lundi. L’échange entre les deux chefs d’État intervient trois jours après une mutinerie contenue par les forces loyalistes à Niamey.
Un appel pour prendre des nouvelles après la mutinerie du 29 août
Le président algérien a contacté son homologue nigérien pour s’enquérir de la situation dans le pays, selon un communiqué de la présidence algérienne. Tebboune a félicité Tiani pour « les efforts qui ont permis de déjouer une tentative de déstabilisation du Niger », précise le texte.
Cette tentative remonte à la nuit du 28 au 29 août : un groupe de soldats dissidents a attaqué la base aérienne 101 ainsi que plusieurs sites sensibles de la capitale nigérienne, dont les abords de l’aéroport international Diori Hamani et le palais présidentiel. Des tirs nourris et des explosions ont été signalés pendant plusieurs heures avant que les forces loyalistes ne reprennent le contrôle. Plusieurs dizaines de militaires ont depuis été arrêtées après s’être retranchées près de l’aéroport.
Il s’agit de la sixième tentative de coup d’État recensée au Niger depuis son indépendance en 1960, après celles de 1974, 1996, 1999, 2010 et 2023 — cette dernière ayant renversé le président élu Mohamed Bazoum et porté Tiani au pouvoir.
La situation présentée comme maîtrisée par Niamey
Tiani a assuré à Tebboune que l’ordre était rétabli, tout en le remerciant pour le soutien apporté par l’Algérie au Niger et à sa population, rapporte la présidence algérienne. En retour, Tebboune a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à rester aux côtés de Niamey, de son peuple et de ses institutions, dans tous les domaines et en toutes circonstances.
L’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso, avait de son côté condamné dès samedi ce qu’elle a qualifié de « trahison par un groupe de soldats », saluant la réaction rapide des forces de défense nigériennes. La confédération a appelé les populations des trois pays à la vigilance face aux campagnes de désinformation susceptibles d’accompagner ce type d’événement.
Un dialogue algéro-nigérien engagé sur plusieurs fronts
Les deux présidents ont aussi évoqué l’avancement de projets communs décidés lors de la précédente visite de Tiani à Alger, en février dernier. Cette visite avait débouché sur la réactivation de mécanismes conjoints de surveillance des frontières et de coordination antiterroriste, ainsi que sur des discussions autour du champ pétrolier partagé de Kafra, dans le nord du Niger.
L’identité exacte des militaires impliqués dans la mutinerie et leurs motivations n’ont pas été précisées à ce stade par les autorités nigériennes, qui n’ont pas non plus communiqué de bilan détaillé de l’opération de reprise en main.
