Quatre nouveaux ministres ont fait leur entrée dans l’exécutif nigérien ce mardi 15 septembre 2026. Le décret portant remaniement du gouvernement a été signé par le président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, selon un communiqué du secrétariat général du gouvernement.
Cette annonce survient quatre jours seulement après un premier mouvement au sommet de l’armée. Le 11 septembre, Tiani avait déjà procédé à quatre nominations à la tête de la hiérarchie militaire, plaçant le général Maman Sani Kiau au poste de chef d’état-major des armées, en remplacement du général Moussa Barmou. Ce remaniement intervenait deux semaines après la mutinerie survenue fin août à la base 101 de Niamey, un épisode qui avait fait trois morts parmi les éléments de la Garde présidentielle. Le mouvement engagé cette semaine dans les rangs du gouvernement reflète la continuité de cette réorganisation du pouvoir.
Quatre portefeuilles concernés
Le colonel Bilaly Elhadj Gambobo hérite du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. Abdourahamane Oumarou prend la tête du ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs sociales, un portefeuille lié à la charte de refondation promulguée en mars 2025. Le lieutenant-colonel Seyni Alzouma est nommé à l’Énergie, tandis que Hamani Kargne devient ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information. Le document, signé à Niamey, porte la signature du secrétaire général du gouvernement, Mahamane Roufai Laouali. Le communiqué officiel ne précise pas les motifs des changements ni le sort réservé aux ministres sortants de ces quatre portefeuilles.
Un gouvernement remanié à plusieurs reprises
Ce réaménagement est loin d’être le premier depuis la formation de l’équipe gouvernementale, constituée le 9 août 2023 au lendemain du coup d’État qui a porté le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au pouvoir. Composé à l’origine de 21 membres, l’exécutif est passé à 26 portefeuilles lors du remaniement d’avril 2025, consécutif aux assises nationales qui ont conféré à Tiani un mandat présidentiel de cinq ans modulables. Un autre ajustement, en janvier 2026, avait retiré au Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine le portefeuille de l’Économie et des Finances, confié depuis à Mamane Laouali Abdou Rafa, ancien responsable de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au Niger.
Les postes stratégiques de la Défense, occupé par le général Salifou Mody, et de l’Intérieur, tenu par le général Mohamed Toumba, n’ont pas été affectés par le remaniement de mardi. Le Premier ministre Zeine reste également en fonction, poste qu’il occupe sans interruption depuis août 2023.
Ce double mouvement, militaire puis ministériel, se déroule dans un climat marqué par la mutinerie du mois d’août à la base 101, que les autorités nigériennes et la Confédération des États du Sahel (AES) ont qualifiée de tentative de déstabilisation. Les forces loyales au pouvoir avaient alors saisi un arsenal comprenant 382 fusils AK-47, 36 lance-roquettes RPG-7 et 30 mitrailleuses PK. Ce nouveau réaménagement ministériel confirme la volonté de Tiani de resserrer son dispositif, aussi bien à la tête de l’armée qu’au sein de son gouvernement.



