Le parquet de Téhéran a ordonné la fermeture du Centre de langue française (CLF), un établissement affilié à l’ambassade de France dans la capitale iranienne. L’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire iranien, a diffusé l’annonce dimanche, évoquant des activités illégales menées sous couvert d’enseignement linguistique.
Un établissement vieux de vingt ans visé par la justice
Selon le communiqué judiciaire, le centre opérait depuis des années sous couvert d’enseignement des langues avant que sa fermeture ne soit prononcée. Ouvert depuis plus de deux décennies à Téhéran, le CLF dispensait des cours de français, organisait des examens de certification et disposait d’une médiathèque fréquentée par de nombreux étudiants iraniens. Les autorités iraniennes n’ont fourni aucun détail supplémentaire sur la nature exacte des faits reprochés à l’établissement, se limitant à évoquer une décision prise par décision du parquet de Téhéran. L’ambassade de France n’avait pas réagi publiquement au moment de l’annonce.
Un climat bilatéral dégradé depuis l’été
Cette fermeture survient après un incident survenu en juillet impliquant deux diplomates français en poste à Téhéran. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait alors dénoncé une détention sans raison pendant plusieurs heures, précisant que l’un des deux diplomates aurait été molesté par les autorités iraniennes. Les relations entre les deux capitales restent également marquées par le dossier des ressortissants français toujours retenus en Iran, sujet régulièrement soulevé par la diplomatie française ces dernières années.
Un désaccord ancien sur le conflit avec Israël et les États-Unis
Au déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, en février-mars 2026, Paris avait refusé de s’associer à la coalition américano-israélienne, allant jusqu’à interdire le survol de son territoire aux avions américains engagés dans les frappes contre le territoire iranien. Cette position, également partagée par l’Allemagne et le Royaume-Uni, avait provoqué la colère du président américain Donald Trump, qui avait qualifié la France de partenaire peu coopératif et menacé de s’en souvenir. Malgré ce refus d’engagement militaire direct, la diplomatie française avait continué de désigner l’accélération du programme nucléaire iranien comme une menace pour la région, sans reconnaître de légitimité à l’opération militaire lancée par Washington et Tel-Aviv.
Cette relation contrastée avec Téhéran — ni alliée de l’offensive américano-israélienne, ni en position de confiance retrouvée avec l’Iran — forme la toile de fond de la nouvelle mesure prise contre le CLF, symbole de la présence culturelle française en Iran depuis les années 2000.




Le ccf de Cotonou devenu institut devra aussi fermer ses portes.