Aucun accord n’a été trouvé pour rouvrir le détroit d’Ormuz, a affirmé l’agence Fars, proche des Gardiens de la révolution, ce dimanche 2 août. Cette mise au point intervient à peine 24 heures après l’annonce du président américain Donald Trump de suspendre des frappes majeures contre les infrastructures énergétiques iraniennes.
Un compromis démenti par Téhéran
La chaîne israélienne Channel 12 avait évoqué un compromis élaboré par le Qatar et les États-Unis, prévoyant une répartition du trafic maritime entre les zones sous contrôle iranien et omanais du détroit. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi aurait donné son accord à ce schéma, ce qui aurait motivé le renoncement de Trump à l’offensive envisagée. Une source proche de l’équipe de négociation nucléaire iranienne a qualifié ce rapport de « faux », citée par Fars. Un responsable militaire iranien a précisé que la voie maritime reste inaccessible à tout navire ne coordonnant pas son passage avec la marine des Gardiens de la révolution.
Un revirement américain sous pression saoudienne
Selon Axios, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane a personnellement contacté Trump samedi, quelques jours après un déplacement à Washington de son ministre de la Défense Khalid Ben Salman consacré à ce dossier. Riyad craignait que des frappes sur les sites énergétiques iraniens n’entraînent des représailles contre les infrastructures pétrolières du Golfe. Trump a justifié l’annulation de l’offensive par une demande de l’Iran et d’autres pays de la région, posant comme condition la conclusion rapide d’un accord garantissant à la fois la réouverture totale du détroit et la fin de la menace nucléaire iranienne.
Un scénario déjà répété plusieurs fois
Le conflit, déclenché fin février par des frappes conjointes américano-israéliennes, a déjà connu plusieurs cycles de désescalade suivis de reprises des hostilités. Un premier protocole d’accord signé le 17 juin avait volé en éclats après que l’Iran a commencé à cibler des navires marchands dans le détroit. Le trafic maritime a payé le prix de cette instabilité : selon les données de suivi des navires, moins de 10 bâtiments transitent quotidiennement par Ormuz depuis le 18 juillet, contre un flux habituel représentant environ un cinquième du pétrole mondial. Israël ne se considère pas engagé par cette nouvelle trêve. Un responsable cité par la Chaîne 12 a jugé les chances d’un accord entre Washington et Téhéran quasi nulles, estimant une escalade inévitable à terme. Aucune attaque iranienne contre les voisins du Golfe n’a été signalée samedi, une accalmie inhabituelle après des semaines de frappes quasi quotidiennes dans la région.



