Plus de 100 véhicules autonomes circulent désormais sur le tarmac de l’aéroport international Tianshan d’Ürümqi, dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine. Ce déploiement, confirmé le 31 juillet par l’agence Xinhua, marque le passage à une exploitation à grande échelle sur une plateforme aéroportuaire soumise à un climat rigoureux.
Ces navettes ne roulent ni sur rail ni sur voie guidée. Elles se déplacent en circulation libre sur l’aire de stationnement des avions, évitent seules les obstacles et s’arrêtent automatiquement à leurs points d’accostage, y compris dans des conditions météorologiques extrêmes, selon l’agence de presse officielle chinoise.
Un système conçu pour les pistes, pas pour la route
Une partie de cette flotte a été fournie par le constructeur Yutong, numéro un mondial de la fabrication de bus en volume. Selon le site chinois spécialisé ITBear, 16 de ces navettes ont déjà cumulé plus de 10 000 kilomètres d’essais, à vide puis avec des passagers, pour un total de 4 300 personnes transportées sans incident.
Le directeur technique de Yutong, cité par ITBear, présente ce chantier comme une avancée majeure dans le secteur des véhicules spéciaux de l’aviation civile. Les engins intègrent un freinage adapté à la charge transportée, une cabine séparant conducteur et passagers, ainsi qu’une batterie renforcée associée à un système de freinage à double circuit, pensés pour les démarrages et arrêts fréquents propres à l’activité d’un tarmac.
Une automatisation différente des trains d’aéroport classiques
Les aéroports utilisent des systèmes automatisés depuis plus d’un demi-siècle. Le premier people mover sans chauffeur au monde a été mis en service en 1971 à l’aéroport de Tampa, aux États-Unis, avant d’être généralisé à Atlanta, Dubaï ou encore à l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle. Mais ces systèmes fonctionnent sur des voies dédiées, isolées de tout autre trafic.
Le dispositif testé à Ürümqi repose sur un principe différent : une conduite autonome en environnement ouvert, sans infrastructure de guidage, comparable aux technologies développées pour les voitures autonomes de niveau 4. Les navettes doivent partager l’espace avec d’autres véhicules au sol et anticiper les mouvements des avions.
Un déploiement qui s’inscrit dans une stratégie plus large
Yutong développe des technologies de conduite autonome depuis 2015, année de son premier essai public sur route ouverte à Zhengzhou, ville où se trouve son siège social. L’entreprise a depuis étendu ses expérimentations de bus autonomes à une vingtaine de villes chinoises, en partenariat avec la start-up WeRide, cumulant plus de 4 millions de kilomètres parcourus depuis 2019.
Le site d’Ürümqi constitue toutefois une première en matière d’usage aéroportuaire à cette échelle en Chine, selon Xinhua. L’aéroport Tianshan a accueilli plus de 29 millions de passagers en 2025, ce qui en fait l’une des plateformes les plus fréquentées de l’ouest du pays. Aucune date n’a été communiquée concernant une éventuelle extension de ce type de dispositif à d’autres aéroports chinois.


