La Russie et la Corée du Nord coordonnent désormais leurs efforts sur la sécurité régionale. C’est ce qu’a affirmé le président russe Vladimir Poutine dans un message adressé au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, rapporté samedi par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.
Un geste diplomatique au moment d’une date symbolique
Kim s’est recueilli vendredi devant la tour de la Libération à Pyongyang, où il a rendu hommage aux soldats soviétiques morts dans les combats contre le Japon durant la Seconde Guerre mondiale. Sur une gerbe déposée en son nom figurait cette phrase, rapportée par KCNA : « Nous n’oublions pas les exploits des martyrs de l’armée soviétique. » Selon l’agence, le dirigeant nord-coréen a présenté les liens historiques et l’entraide militaire entre les deux pays comme le fondement de leurs relations actuelles.
C’est à l’occasion de l’anniversaire de la fin de la colonisation japonaise en Corée que Poutine a fait parvenir son message à Kim. Il y assure que Moscou coopère avec Pyongyang « dans tous les domaines » et exprime sa confiance dans la poursuite de leurs échanges sur les sujets bilatéraux et internationaux en cours. L’ancien président russe Dmitri Medvedev a également transmis ses vœux au dirigeant nord-coréen à cette occasion.
Des accusations de soutien militaire à la Russie
Ce message intervient alors que les liens entre Moscou et Pyongyang sont scrutés par plusieurs gouvernements occidentaux depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme à plusieurs reprises que des missiles nord-coréens ont été employés par l’armée russe sur le territoire ukrainien. Kiev accuse la Corée du Nord d’avoir fourni des munitions à la Russie et promis l’envoi de renforts militaires supplémentaires.
Des analystes cités dans la presse internationale avancent que Pyongyang chercherait à présenter la région comme le théâtre d’un affrontement entre grandes puissances rivales, une lecture qui lui permettrait de justifier ses propres programmes d’armement tout en s’assurant le soutien de Pékin et de Moscou.
Une alliance scellée depuis 2019
Le rapprochement entre les deux dirigeants remonte à leur premier sommet, tenu à Vladivostok en avril 2019. Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, cette relation s’est nettement resserrée : en juin 2024, Moscou et Pyongyang ont signé un traité de partenariat stratégique prévoyant une assistance militaire mutuelle en cas d’agression contre l’un des deux pays, un engagement inédit depuis la dissolution de l’Union soviétique. Aucun détail précis n’a été communiqué sur la nature concrète de la coordination sécuritaire mentionnée par Poutine dans son message à Kim.



