Recherché par les Etats-Unis, un proche du fils de Museveni sera extradé pour trafic d'armes

L’extradition de Michael Katungi Mpeirwe vers les Etats-Unis a été autorisée par les autorités ougandaises, après l’aval donné le 7 avril 2026 par le Cabinet du procureur général. L’ancien officier de l’armée ougandaise (UPDF), retraité, avait été arrêté le 23 juin 2026 à Kampala en exécution d’un mandat lié à une demande américaine.

Une ancienne figure du parti de Muhoozi Kainerugaba

Katungi a occupé jusqu’en 2025 le poste de commissaire aux Affaires extérieures et siégeait au comité central du Patriotic League of Uganda (PLU), le mouvement politique dirigé par le général Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de défense ougandaises et fils du président Yoweri Museveni. Il avait par ailleurs été désigné envoyé en Haïti quelques mois avant son arrestation, dans un contexte de violence croissante des gangs dans ce pays.

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Plusieurs commentateurs ougandais ont relevé le contraste entre le discours souverainiste porté par Muhoozi Kainerugaba et la célérité avec laquelle un cadre de son propre parti se retrouve visé par une procédure d’extradition vers Washington.

Un arsenal destiné au cartel de Jalisco

L’acte d’accusation, déposé devant le tribunal fédéral du district Est de Virginie, à Alexandria, reproche à Katungi d’avoir participé à un complot international visant à armer le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), organisation mexicaine classée « terroriste étrangère » par les Etats-Unis depuis février 2025. Les procureurs américains évoquent la fourniture envisagée de fusils d’assaut, mitrailleuses, lance-roquettes, mines antipersonnel, systèmes sol-air et matériel de vision nocturne.

Selon l’acte d’accusation cité par New Vision, Katungi aurait assisté en avril 2024 à une réunion à Londres portant sur ce projet d’armement, et proposé d’obtenir illégalement des armes pour le compte du cartel, dans le cadre d’un accord d’armement envisagé entre les gouvernements russe et ougandais. Il est également poursuivi pour trafic présumé de cocaïne. Trois autres suspects ont déjà été remis aux autorités américaines : un ressortissant bulgare depuis l’Espagne, un Kényan depuis le Maroc et un Tanzanien depuis le Ghana.

Une procédure toujours en cours

L’extradition repose sur la Convention des Nations unies de 1988 contre le trafic illicite de stupéfiants, à laquelle l’Ouganda est partie, plutôt que sur un traité bilatéral, ce qui restreint les moyens de défense disponibles pour Katungi. La chief magistrate Ritah Neumbe Kidasa a refusé de lui accorder une libération sous caution et l’a placé en détention à la prison de Luzira.

Le 3 août 2026, la Haute Cour ougandaise a rejeté comme prématurée une demande de révision déposée par la défense de Katungi et levé les suspensions provisoires, relançant la procédure d’extradition. Selon des précédents comparables sur le continent africain, le délai entre l’arrestation et la remise effective d’un suspect aux autorités américaines peut varier de six semaines à deux ans.

Le CJNG, fondé en 2009, est considéré par le département d’Etat américain comme l’un des cartels mexicains les plus puissants et les plus violents, actif dans le trafic de cocaïne, de méthamphétamine et de fentanyl à l’échelle transnationale.

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