L’Australie va durcir les conditions de séjour des étudiants étrangers et des titulaires de visas vacances-travail. Annoncées jeudi 17 septembre par le ministre de l’Intérieur Tony Burke, ces mesures interviennent alors que plusieurs pays occidentaux ont déjà resserré l’accès à leurs dispositifs d’immigration temporaire. Le pays continent va emboîter le pas de pays qui ont mis en place des mécanismes de restriction de visas.
Le Canada limite depuis 2024 le nombre de permis d’études et prévoit jusqu’à 408 000 permis d’études en 2026, soit 7 % de moins que sa cible de 2025. Le Royaume-Uni, lui, refuse depuis mars 2026 certaines demandes de visas étudiants déposées depuis l’étranger par les ressortissants d’Afghanistan, du Cameroun, du Myanmar et du Soudan. Aux États-Unis, le contrôle des candidats aux visas étudiants et à certains visas de travail a également été renforcé, avec l’examen de leur présence sur les réseaux sociaux.
Les étudiants étrangers davantage encadrés
Le dispositif australien concerne un groupe important. Environ 753 000 étudiants étrangers se trouvent actuellement dans le pays, principalement originaires de Chine et d’Inde. Les autorités vont limiter les possibilités pour les étudiants de changer de cycle ou de formation dans le seul objectif de prolonger leur présence en Australie. Les conditions permettant aux membres de leur famille de les rejoindre seront également renforcées.
Le gouvernement entend ainsi réduire les possibilités de prolongation successive des séjours temporaires. Tony Burke a justifié cette orientation par la situation du logement. Cette décision intervient alors que la migration nette australienne s’établissait à 292 100 personnes sur les douze mois jusqu’à mars 2026.
Les visas vacances-travail passent au tirage au sort
Les jeunes étrangers bénéficiant du programme vacances-travail verront aussi leurs possibilités de prolonger leur séjour réduites. Pour obtenir une deuxième année, les candidats devront toujours remplir les conditions de travail régional, mais leur accès sera soumis à un tirage au sort plafonné à 45 000 places. La troisième année sera encore plus limitée : seulement 5 000 places seront disponibles, contre 31 000 personnes qui remplissaient les critères l’année précédente. Le travail régional exigé pour participer au dispositif reste maintenu.
100 agents supplémentaires contre les dépassements de visa
Canberra prévoit enfin de renforcer les contrôles visant les étrangers qui restent dans le pays après l’expiration de leur visa. 100 agents supplémentaires seront recrutés et 250 places ajoutées dans les centres de rétention. Les autorités souhaitent aussi renforcer les mesures contre les personnes qui dépassent la durée autorisée de leur visa. Dans le même temps, les travailleurs possédant des compétences recherchées dans la construction et le logement seront prioritaires dans certaines procédures de visa.



