Aucune alerte à Washington face à une éventuelle attaque russe contre l’OTAN. Le président Donald Trump l’a affirmé à deux reprises ce jeudi 27 août, d’abord lors d’un entretien téléphonique accordé au média Axios, puis devant la presse dans le Bureau ovale.
« Il n’attaquera pas un territoire de l’OTAN »
Interrogé sur un possible scénario d’attaque russe contre un pays de l’Alliance, Donald Trump a tranché sans détour devant des journalistes : « Il n’attaquera pas un territoire de l’OTAN », a-t-il déclaré à propos du président russe Vladimir Poutine. Plus tôt dans la journée, il avait tenu des propos similaires auprès d’Axios, assurant : « Je ne suis pas inquiet… pas du tout. Il n’y a aucun problème ».
Le président américain a également relativisé le déplacement effectué mardi 25 août à Moscou par le directeur de la CIA, John Ratcliffe, qui y a rencontré son homologue russe, Sergueï Narychkine, à la tête du service de renseignement extérieur (SVR). Plusieurs médias avaient présenté cette visite comme une mise en garde directe adressée au Kremlin. Trump conteste cette version, évoquant une rencontre habituelle entre services : « Ratcliffe voit son homologue russe une fois tous les six mois ou une fois par an. Ils ont une très bonne relation », a-t-il assuré, qualifiant le voyage de simple « travail standard ».
Des alliés européens sur le qui-vive
Ces déclarations tranchent avec le climat qui règne dans plusieurs capitales européennes. Selon des sources citées par Radio Free Europe/Radio Liberty, la mise en garde portée par Ratcliffe visait en particulier à dissuader Moscou de toute escalade contre trois alliés baltes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Ce déplacement intervient après une série d’alertes accumulées depuis l’été, dont un courrier daté du 30 juillet évoquant déjà une agressivité de la Russie.
Le cadre régional alimente ces craintes. Ces dernières semaines, des drones russes ont pénétré l’espace aérien de plusieurs pays membres de l’OTAN, dont la Roumanie et la Pologne, avant d’être abattus. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a par ailleurs affirmé que la Russie préparerait des infrastructures destinées à accueillir 30 000 soldats nord-coréens supplémentaires, en vue d’un engagement dans le conflit en Ukraine.
Moscou hausse le ton face au Royaume-Uni
En parallèle, le ministère russe des Affaires étrangères a accusé jeudi le Royaume-Uni et la France de « jouer avec le feu » en fournissant à l’Ukraine des technologies permettant de mener des frappes à longue portée en profondeur sur le territoire russe. Un porte-parole de la diplomatie russe a même menacé de frapper des cibles militaires britanniques, en Ukraine comme en dehors, en représailles au soutien militaire apporté par Londres à Kiev.
À titre de rappel, l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord, la clause de défense collective de l’Alliance, n’a été invoqué qu’une seule fois depuis la création de l’organisation en 1949 : par les États-Unis eux-mêmes, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Reste à savoir si cette assurance affichée par Washington suffira à rassurer les capitales européennes, toujours en alerte face aux intentions de Moscou.



