Quatre paliers d’action viendront désormais graduer la réponse de l’État algérien face à la baisse des ressources en eau. Le ministère de l’Hydraulique et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) ont publié un communiqué conjoint détaillant ce dispositif, conçu pour ajuster les mesures à mesure que la situation hydrique évolue.
Un dispositif gradué en quatre étapes
Le premier palier, dit de « vigilance », vise selon le communiqué à repérer tôt les signes annonciateurs d’une pénurie et à inciter la population à réduire les consommations superflues. Le deuxième niveau, l’« alerte », se déclenche en cas de tensions plus marquées sur les ressources disponibles et implique une réduction ciblée de certains usages non essentiels.
Le troisième palier, l’« alerte renforcée », traduit une dégradation continue de la situation et impose des mesures plus contraignantes pour préserver les réserves existantes. Le dernier niveau, celui de « crise », priorise l’approvisionnement en eau potable et les besoins sanitaires, au détriment des autres usages jugés secondaires.
Des risques sanitaires mis en avant
Le communiqué signale un risque accru de déshydratation aiguë et d’hyperthermie lors des vagues de chaleur, ainsi qu’une exposition plus forte aux maladies liées à la qualité de l’eau. Les foyers les plus dépendants de la distribution publique, sans capacité de stockage propre, sont présentés comme les premiers concernés par ces risques.
Le ministère et l’ANSS précisent toutefois que cette échelle reste un cadre indicatif de sensibilisation, et non un mécanisme réglementaire automatique déclenchant des restrictions immédiates.
Une situation hydrique fragile malgré des pluies récentes
Le dispositif intervient alors que les niveaux de remplissage des barrages algériens ont connu d’importantes variations au cours de l’année. Après un taux national tombé à 39 % en janvier, les précipitations survenues au printemps ont permis une remontée jusqu’à environ 59,55 % en mai, soit un stock avoisinant 4,6 milliards de mètres cubes, selon des données communiquées par l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT). Cette amélioration reste inégale selon les régions, certaines zones du pays continuant d’afficher des niveaux plus bas que d’autres.
Le pays compte actuellement 81 barrages en exploitation, un chiffre appelé à passer à 86 avec la mise en service progressive de cinq nouveaux ouvrages d’ici le début de l’année prochaine, selon l’ANBT. Les autorités misent également sur le dessalement d’eau de mer pour sécuriser l’approvisionnement à moyen terme.



