Blé en Afrique: le Maroc obtient un marché majeur de distribution

Le Maroc renforce sa position sur le marché céréalier africain avec un projet porté aux côtés du Kazakhstan. Le projet, présenté le 14 septembre 2026 par l’ambassadeur du Maroc à Astana, Mohammed Rachid Maaninou, donnerait à ce pays d’Asie centrale une nouvelle solution logistique pour développer ses ventes sur le continent.

Selon les explications du diplomate rapportées par The Astana Times, un accord conclu deux ans plus tôt prévoit la constitution d’une réserve céréalière au Maroc sous gestion kazakhe. Le dispositif devrait permettre de faire arriver des volumes plus importants de blé, de les stocker dans une installation portuaire puis de les acheminer vers différents marchés africains. Le port concerné, la capacité de stockage et la date de démarrage n’ont pas encore été précisés.

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Un accord de 300 000 tonnes déjà conclu

Le projet intervient après plusieurs avancées commerciales entre les deux pays. Le 28 février 2025, lors de la visite au Maroc du ministre kazakh des Affaires étrangères Murat Nurtleu, un accord a été signé entre Zine Capital Invest et la société nationale kazakhe Food Contract Corporation pour l’exportation de 300 000 tonnes de blé vers le marché marocain, selon le ministère kazakh des Affaires étrangères.

Quelques mois plus tard, une première cargaison de 60 000 tonnes de blé kazakh a été expédiée vers le Maroc en passant par le port letton de Liepāja. Cette opération a constitué la première livraison de ce type vers le royaume.

Le Kazakhstan avait aussi annoncé en avril 2025 que les expéditions vers le Maroc et d’autres pays d’Afrique du Nord pourraient dépasser 300 000 tonnes durant la campagne commerciale concernée. Plus de 200 000 tonnes de céréales avaient alors déjà fait l’objet de contrats d’exportation.

Le Maroc comme relais vers les marchés africains

La nouvelle infrastructure envisagée répond à une contrainte géographique importante. Le Kazakhstan est dépourvu d’accès direct à l’océan et doit recourir à des corridors ferroviaires et à des ports étrangers pour atteindre les marchés lointains.

Le passage par le Maroc pourrait donc permettre de concentrer les cargaisons avant leur redistribution maritime. Cette orientation correspond aux objectifs affichés par les responsables kazakhs. En juillet 2026, le président de ProdCorporation, Assylkan Dzhuvashev, présentait déjà le Maroc comme un possible « hub logistique et commercial stratégique » pour renforcer les exportations kazakhes vers l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest.

L’enjeu est aussi lié au poids des importations marocaines. Le royaume achète chaque année environ 7 millions de tonnes de céréales à l’étranger, avec l’Union européenne, le Canada et les États-Unis parmi ses principaux fournisseurs.

Les échanges bilatéraux progressent également. Selon le ministère kazakh des Affaires étrangères, le commerce entre les deux pays a atteint 461,5 millions de dollars en 2025, soit une hausse de 68 % sur un an. Les exportations kazakhes ont représenté 434 millions de dollars, avec le soufre, le blé, les sulfates, le charbon, le lin et les légumineuses parmi les principaux produits exportés.

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