Séoul écarte toute livraison d'armes létales à l'Ukraine malgré l'alliance entre Pyongyang et Moscou

Un haut responsable du ministère sud-coréen des Affaires étrangères a confirmé, lundi, que Séoul n’enverra aucune arme létale ni système de défense antiaérienne à Kiev. Cette réponse intervient alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que la Russie s’apprêtait à recevoir entre 30 000 et 50 000 soldats nord-coréens supplémentaires sur son territoire.

Une position juridique inchangée depuis 2024

Le responsable sud-coréen a justifié ce refus par le cadre légal du pays, rappelant que tout transfert de matériel militaire vers un État tiers reste soumis au droit national en vigueur. Zelensky a lui-même reconnu, sur les réseaux sociaux, que cette retenue trouvait son origine dans un texte fondamental : « une restriction légale inscrite dans leur Constitution », a-t-il écrit, ajoutant espérer néanmoins voir cette coopération se concrétiser un jour et assurant que les canaux diplomatiques restaient actifs entre les deux pays.

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Le gouvernement sud-coréen a précisé maintenir son soutien dans plusieurs domaines non militaires — énergie, infrastructures, santé et éducation — et continuer à examiner des mesures d’aide à la reconstruction ukrainienne. Corée du Nord, de son côté, avait déjà envoyé au moins 20 000 soldats et ingénieurs dans l’oblast russe de Koursk après la signature d’un pacte de défense mutuelle entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine en juin 2024.

Kiev réclame des intercepteurs face à la menace balistique nord-coréenne

La demande ukrainienne porte spécifiquement sur des missiles intercepteurs destinés à renforcer la défense antiaérienne du pays. Le 6 août, une source du renseignement militaire ukrainien avait signalé le déploiement d’une unité de missiles nord-coréenne dans l’oblast russe de Voronej, potentiellement dotée de six lanceurs et 120 missiles balistiques. Kiev a par ailleurs accusé Moscou d’avoir utilisé des missiles balistiques nord-coréens lors d’une frappe nocturne sur Zaporijjia ayant fait six morts et dix-neuf blessés.

Séoul a condamné fermement ce rapprochement militaire russo-nord-coréen, estimant qu’il constitue une atteinte directe à sa sécurité et un manquement aux résolutions des Nations unies, sans pour autant modifier sa politique d’exportation d’armes.

Des livraisons indirectes qui interrogent

Si la Corée du Sud refuse tout transfert direct vers l’Ukraine, elle reste active sur le marché mondial de l’armement auprès d’autres pays impliqués dans des hostilités. Ses systèmes antiaériens Cheongung ont ainsi été déployés aux Émirats arabes unis, où ils afficheraient, selon un parlementaire sud-coréen siégeant à la commission de la Défense, un taux de réussite proche de 96 % lors d’interceptions réelles. Le pays fournit également des chars K2 et des obusiers K9 à des membres de OTAN comme Pologne, ce qui libère indirectement du matériel plus ancien pour le front ukrainien. En mai 2023, Séoul avait déjà transféré des centaines de milliers d’obus d’artillerie aux États-Unis, à charge pour Washington de les acheminer vers Ukraine — un contournement qui n’avait pas nécessité de modifier la loi sud-coréenne.

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