Aucun pétrolier n’a été visé près du terminal de Novorossiïsk depuis fin juillet. Un appel téléphonique du 31 juillet entre le vice-président américain JD Vance et le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis fin à une campagne de frappes de drones qui durait depuis plusieurs semaines, selon des responsables ukrainiens cités par le Financial Times.
Un terminal stratégique pour le pétrole kazakh
Le port visé par les drones de Kyiv n’achemine pas du pétrole russe, mais du brut extrait au Kazakhstan. Les navires ciblés transportaient du pétrole via le Consortium de l’oléoduc de la Caspienne (CPC), une infrastructure dont des géants américains comme Chevron et ExxonMobil détiennent des parts. Les attaques répétées ont provoqué l’arrêt temporaire du pipeline à deux reprises en deux mois, désorganisant les exportations kazakhes qui transitent à 80 % par cette voie.
Un responsable américain a confirmé à Reuters que Washington avait averti Kiev de la nécessité de cesser de cibler les navires non russes liés au CPC, tant qu’ils ne sont pas soumis à des sanctions ukrainiennes.
Une concession négociée contre des missiles Patriot
Selon une source proche du dossier citée par le Financial Times, l’Ukraine aurait accepté cette demande américaine dans l’espoir d’obtenir une licence de production de missiles intercepteurs Patriot, ainsi que l’achat de plusieurs centaines d’exemplaires avant l’hiver. Kiev redoute une intensification des frappes russes sur les infrastructures critiques dans les mois à venir.
Nous écoutons très attentivement nos partenaires américains, a déclaré un responsable ukrainien de haut rang au quotidien britannique, précisant que des mécanismes ont été mis en place pour répondre à la requête de Washington.
Le cadre pétrolier mondial sous tension
La demande de Vance intervient dans une période de marché pétrolier particulièrement fragile. Le blocage prolongé du détroit d’Ormuz par l’Iran a déjà immobilisé près de 9 % des capacités mondiales de raffinage, selon une estimation de Reuters. Toute perturbation supplémentaire des flux d’approvisionnement, y compris ceux transitant par la mer Noire, inquiète Washington dans ce climat.
Novorossiïsk demeure toutefois une cible militaire pour l’Ukraine sur d’autres fronts. Dans la nuit de mardi à mercredi, des frappes ont de nouveau visé les installations portuaires de la ville russe, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Aucune source n’a pour l’instant confirmé qu’un tanker ait été touché lors de cette nouvelle vague d’attaques.
Le CPC reste la principale voie d’exportation pour trois champs pétroliers majeurs du Kazakhstan — Tengiz, Kashagan et Karachaganak — exploités par plusieurs compagnies occidentales, dont Shell et Eni. Face aux risques persistants liés au conflit, Astana a annoncé étudier des routes alternatives, notamment via l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan et des traversées de la mer Caspienne par l’Azerbaïdjan.



