Un jeune chercheur a assuré à Vladimir Poutine qu’il n’avait rien à redouter de l’intelligence artificielle. La scène, filmée mardi lors d’une visite officielle du président russe sur le site du synchrotron « Anneau sibérien de source de photons », à Koltsovo, près de Novossibirsk, a été diffusée par le compte Visegrád 24 le 11 août 2026.
Un dialogue improvisé sur l’IA
L’installation, dédiée à la recherche interdisciplinaire, accueillait ce jour-là le chef de l’État russe pour une visite officielle. Poutine interroge directement un jeune chercheur présent sur place : « Dites-moi franchement, quelles menaces l’IA représente-t-elle pour nous ? » Ce dernier lui répond, visiblement gêné selon le média grec Skai, que rien ne justifie son inquiétude. Le président russe referme l’échange par une formule aussitôt reprise en boucle sur les réseaux : « Je n’ai jamais eu peur de rien. » Cette réplique aurait, selon Skai, renforcé une nouvelle fois l’image d’un dirigeant impassible face aux dangers technologiques.
Mesures de sécurité renforcées au Kremlin
Cette prise de position publique coexiste avec des précautions prises en coulisses par les services russes. D’après des révélations du Financial Times, relayées début juin par Kyiv Post et United24 Media, le Kremlin a désactivé une partie d’un système de vidéosurveillance protégeant Poutine et son entourage proche. La décision serait intervenue après l’assassinat du guide suprême iranien, qui aurait démontré la capacité de l’intelligence artificielle à localiser une cible à partir d’images de caméras de circulation. Le réseau concerné, distinct des quelque 300 000 caméras qui surveillent Moscou, n’aurait été remis en service qu’après avoir été isolé d’internet, selon des sources proches du dossier citées par le Financial Times.
Les autorités russes redoutaient déjà, avant cet épisode, une menace liée aux services de renseignement ukrainiens, accusés d’avoir infiltré des caméras de circulation et exploité des données de géolocalisation pour cibler des officiers russes. Un pirate informatique ukrainien indépendant a affirmé au Financial Times que des caméras installées à Moscou, y compris à proximité du Kremlin, resteraient actives et régulièrement piratées.
L’intelligence artificielle, enjeu de pouvoir depuis 2017
Le sujet de l’intelligence artificielle occupe le discours du président russe depuis plusieurs années. En septembre 2017, il avait déjà déclaré que la nation qui prendrait la tête de ce domaine deviendrait « maîtresse du monde », une phrase abondamment citée depuis dans les analyses géopolitiques consacrées à la course technologique mondiale. Depuis, la Russie a multiplié les annonces sur le déploiement de l’IA dans ses administrations régionales, tout en cherchant à limiter la dépendance du pays aux outils occidentaux, jugés porteurs de normes culturelles contraires à ses positions officielles.
L’échange filmé à Koltsovo reflète deux approches parallèles : une communication publique rassurante d’un côté, des dispositifs de protection intégrant désormais explicitement le risque lié à cette même technologie de l’autre.



