Banque des BRICS : l'Iran veut contourner le dollar américain en intégrant l'institution

L’Iran s’apprête à rejoindre la Nouvelle Banque de développement des BRICS, une étape que Téhéran présente comme un moyen de réduire sa dépendance au dollar américain. L’annonce a été faite ce mercredi 12 août par le gouverneur de la Banque centrale iranienne, selon l’agence IRNA, à l’occasion de la première réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des BRICS, organisée par l’Inde, qui assure la présidence tournante du groupe cette année.

Un accès restreint aux marchés financiers mondiaux

Cette démarche intervient alors que Téhéran reste soumise à un régime de sanctions américaines particulièrement étendu, qui restreint son accès aux circuits bancaires internationaux. Le 8 août dernier, Washington a par exemple sanctionné un réseau de sociétés d’échange de devises, de sociétés-écrans et de banques accusées d’avoir aidé le pays à transférer des centaines de millions de dollars via le système financier mondial. En mai, ce sont la maison de change Amin Exchange et 19 navires qui avaient été visés pour avoir permis de blanchir des fonds issus de la vente de pétrole via des sociétés-écrans basées aux Émirats arabes unis, en Turquie et en Chine. En juillet, un autre réseau lié au financier Babak Zanjani, ainsi qu’un homme d’affaires accusé de gérer les avoirs du Guide suprême Mojtaba Khamenei, avaient également été sanctionnés. C’est précisément dans ce cadre que l’adhésion à une institution financière alternative aux réseaux dominés par le dollar prend tout son sens pour Téhéran.

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Les devises nationales comme alternative au dollar

Le gouverneur de la Banque centrale, Abdolnaser Hemmati, a précisé que son pays cherchait à développer des accords bilatéraux et trilatéraux sur les devises avec les membres du bloc, plutôt que de recourir au billet vert pour les échanges commerciaux. « Les pays membres des BRICS peuvent commercer entre eux en utilisant leurs devises nationales », a t-il déclaré, selon les propos rapportés par les médias d’État iraniens. Il a également évoqué le sommet à venir, organisé par l’Inde, comme une occasion de renforcer les liens bancaires entre Téhéran et les autres capitales du groupe.

Selon Hemmati, cette dynamique s’accompagne déjà d’échanges concrets entre les banques centrales des pays concernés dans les domaines monétaire et numérique. L’adhésion à la Nouvelle Banque de développement constituerait, selon lui, l’aboutissement le plus visible de cette coopération : « Notre pays deviendra bientôt membre de cette banque », aurait-il affirmé.

Le rôle de la Nouvelle Banque de développement

Fondée en 2014 par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, la Nouvelle Banque de développement dispose d’un capital initial de 100 milliards de dollars et a son siège à Shanghai. L’institution finance des projets d’infrastructure et de développement durable dans les pays émergents, en marge des grandes institutions financières occidentales comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international — un positionnement qui en fait, aux yeux de Téhéran, une voie de financement extérieure aux circuits dominés par les États-Unis.

L’Iran avait officiellement rejoint le bloc des BRICS en janvier 2024, aux côtés de l’Égypte, de l’Éthiopie et des Émirats arabes unis, dans le cadre de son premier élargissement depuis sa création. Son entrée dans la banque de développement du groupe marquerait une étape supplémentaire dans cette stratégie de contournement, sans que la date précise de finalisation n’ait été confirmée à ce stade. Aucune réaction officielle de Washington n’a pour l’instant été rapportée concernant cette annonce.

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