Les entretiens pour les visas d’immigrant sont suspendus dans les ambassades et consulats américains du monde entier. Le département d’État a confirmé le 25 août, dans une déclaration au Financial Times, que les candidats concernés avaient reçu un courriel les informant du report de leur entretien, sans nouvelle date fixée à ce jour. Les rendez-vous pour les visas de tourisme, d’affaires ou d’études ne sont pas concernés par cette mesure et continuent d’être traités normalement.
Une formation présentée comme la cause du blocage
Selon un porte-parole du département d’État, cette suspension découle d’une « initiative mondiale de formation » lancée début août, destinée à ce que « tous les agents consulaires soient pleinement équipés pour évaluer chaque demandeur de visa de manière exhaustive et cohérente ». Aucune date de reprise n’a été communiquée. Les candidats ayant déjà un entretien programmé ont reçu un courriel les informant d’un report, en attendant un nouvel avis fixant une date et une heure.
Le même porte-parole a précisé au Financial Times que l’objectif consiste à s’assurer que « les demandeurs de visa ne risquent pas de devenir une charge publique » et à éviter qu’ils ne deviennent dépendants des aides publiques américaines. Cette formation porterait en particulier sur les nouveaux critères d’évaluation du risque de « charge publique », notion permettant de refuser un visa à un candidat jugé susceptible de dépendre à l’avenir de prestations sociales américaines.
Une nouvelle étape dans le durcissement migratoire
Cette suspension intervient dans un cadre de resserrement des règles migratoires depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Le département d’État avait déjà décrété en janvier 2026 le gel du traitement des visas d’immigrant pour 75 pays, jugés à risque de dépendance à l’aide sociale américaine — une mesure touchant près de 40 % des pays du monde, du Brésil à l’Afghanistan en passant par Haïti et la Somalie.
Cette politique avait toutefois subi un revers judiciaire vendredi dernier : une juge fédérale de Manhattan, Jeannette Vargas, a annulé le gel des 75 pays, estimant que le secrétaire d’État Marco Rubio avait outrepassé son autorité légale en imposant cette mesure de manière uniforme, sans laisser aux agents consulaires la marge d’appréciation individuelle prévue par la loi. La nouvelle suspension générale des rendez-vous, qui touche cette fois l’ensemble des postes diplomatiques américains et non plus seulement les 75 pays visés, apparaît ainsi comme une nouvelle tentative de resserrer les critères d’admission, cette fois par la voie de la formation des agents plutôt que par un blocage explicite par nationalité.
Des répercussions dans le monde entier
L’ampleur de la mesure inquiète les candidats à l’immigration, quel que soit leur pays d’origine, et s’ajoute à d’autres restrictions déjà en vigueur : le département d’État travaille par ailleurs avec le Département de la Sécurité intérieure pour révoquer les visas de non-immigrants — tourisme et affaires notamment — de ressortissants étrangers ayant déposé une demande d’asile, une mesure susceptible de toucher jusqu’à 200 000 personnes selon plusieurs médias américains. Aucune date de reprise n’a pour l’heure été communiquée par le département d’État.
