L’Italie a déplacé plusieurs avions militaires déployés à Taïf, en Arabie saoudite, quelques jours après qu’un de ses Eurofighter a été endommagé sur place. L’opération a été menée avant le 21 septembre, date à laquelle La Repubblica en a fait état en citant des sources gouvernementales italiennes.
Ce changement ne signifie pas, à ce stade, que Rome abandonne sa présence militaire dans le royaume. Il intervient après l’attaque de la base aérienne King Fahd dans la nuit du 17 au 18 septembre, au cours de laquelle un F-2000 italien a été touché. Le ministre de la Défense Guido Crosetto avait confirmé les dégâts matériels et précisé qu’aucun militaire italien n’avait été blessé.
Rome réévalue son dispositif après l’attaque de Taïf
Les conséquences de l’incident dépassent désormais le seul appareil endommagé. Selon La Repubblica, des Eurofighter ont quitté Taïf et deux avions de transport C-130J auraient également été transférés. Pour ces derniers, le quotidien cite Riyad et les Émirats arabes unis parmi les destinations envisagées, sans confirmer leur lieu d’arrivée définitif.
La situation du Gulfstream CAEW, utilisé pour la surveillance et le commandement aériens, est différente. D’après les informations recueillies par le journal italien, cet appareil ne se trouvait plus à Taïf au moment de la publication. Il n’aurait toutefois pas quitté la base lors du même transfert que les autres avions.
Le CAEW dispose de capacités de surveillance à longue distance. La Repubblica évalue son coût à environ 500 millions d’euros et indique qu’il peut surveiller une zone allant jusqu’à environ 500 kilomètres. Sa position actuelle n’a pas été rendue publique.
Une mission italienne déjà présente dans le Golfe
Ces avions appartiennent à la Task Force Air – Arabia. Le ministère italien de la Défense indiquait encore le 1er septembre que cette force opérait depuis King Fahd. Sa mission comprend des activités de défense aérienne et de surveillance menées avec les partenaires régionaux.
La présence militaire italienne dans la région est antérieure à l’attaque de septembre. Elle découle d’une coopération entre Rome et plusieurs États du Golfe. Le déplacement de certains appareils ne correspond donc pas, à ce stade, à un retrait général d’Arabie saoudite, aucune décision de ce type n’ayant été annoncée par les autorités italiennes.
L’avenir de la présence italienne examiné à Rome
La sécurité des militaires déployés est désormais examinée au niveau gouvernemental. Dans un nouvel article publié le 22 septembre, La Repubblica rapporte qu’une réunion s’est tenue à Rome autour du sous-secrétaire à la présidence du Conseil Alfredo Mantovano, avec Guido Crosetto ainsi que des responsables militaires et du renseignement. Selon le quotidien italien, les autorités chercheraient également à réduire les tensions avec les Houthis. Aucune décision annonçant la fin de la Task Force Air – Arabia n’a cependant été rendue publique.
Pour l’heure, les mesures connues concernent principalement la localisation d’une partie des moyens aériens italiens. Plusieurs appareils ont été éloignés de Taïf après les dégâts subis par l’Eurofighter, tandis que les autorités italiennes poursuivent l’examen de leur présence militaire en Arabie saoudite.



