Les forces gouvernementales yéménites ont utilisé pour la première fois le drone SKYWASP lors de frappes menées vendredi 18 septembre autour de Sanaa, capitale contrôlée par les Houthis. L’appareil, de conception saoudienne et inspiré de la famille iranienne Shahed, a été engagé contre des positions militaires dans les montagnes qui dominent la ville, selon Sheba Intelligence.
Un drone saoudien désormais aux mains du gouvernement yéménite
Les frappes auraient visé des systèmes de défense aérienne, des dépôts d’armes ainsi que des installations liées aux missiles et aux drones des Houthis. Une source militaire citée par Sheba Intelligence indique que les opérations ont commencé avant l’aube et se sont poursuivies durant la journée. Des habitants ont rapporté avoir entendu des tirs de défense antiaérienne alors que des drones évoluaient au-dessus de la capitale et de ses environs.
L’identification du SKYWASP est intervenue après la diffusion de vidéos montrant un appareil volant de jour au-dessus de Sanaa. Selon l’analyse de Sheba Intelligence, il s’agissait d’un drone d’attaque à longue portée et non d’un appareil de reconnaissance. Les cibles signalées se trouvaient autour d’Ayban et de Nuqum, deux reliefs surplombant la capitale.
Cette utilisation ne constitue toutefois pas l’arrivée du SKYWASP dans l’arsenal yéménite. Une enquête publiée en août avait déjà établi que les appareils présentés par le ministère yéménite de la Défense sous les noms « Ayban » et « Nuqum » correspondaient à ce modèle. Ils avaient été fournis aux forces gouvernementales dans le cadre du soutien militaire apporté par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. À cette date, aucun emploi au combat n’avait encore été documenté.
Une capacité développée en Arabie saoudite
Le SKYWASP est développé par SR2Vector, une coentreprise associant la société saoudienne SR2 Defense Systems et l’américaine Vector. Le projet s’inscrit dans la volonté de Riyad de développer une production locale de systèmes militaires reposant sur des technologies américaines. Un protocole entre les deux entreprises avait été signé le 25 mars 2026 pour localiser en Arabie saoudite la fabrication, l’assemblage et la maintenance de drones dits « attritables », c’est-à-dire conçus pour pouvoir être employés en nombre dans des missions à haut risque.
Le SKYWASP a ensuite été présenté publiquement en mai 2026. Semafor avait alors rapporté que le programme prévoyait la fabrication de drones inspirés du système iranien Shahed et capables d’atteindre des objectifs jusqu’à 1 500 kilomètres.
Une nouvelle capacité pour les forces gouvernementales
Selon les données examinées par Sheba Intelligence, le SKYWASP peut parcourir jusqu’à environ 1 500 kilomètres, voler entre 150 et 200 km/h et emporter une charge explosive estimée entre 30 et 50 kilogrammes. Son intégration dans les forces gouvernementales yéménites élargit donc leur capacité au-delà des drones tactiques utilisés pour la reconnaissance, la correction des tirs ou les frappes de proximité.
Les autorités yéménites et les Houthis n’avaient pas officiellement confirmé les frappes au moment de la publication de Sheba Intelligence. Le média précise également ne pas avoir pu vérifier indépendamment l’ampleur des dégâts ni confirmer les systèmes qui auraient été détruits.
Le vol visible au-dessus de Sanaa pourrait aussi avoir permis d’observer la réaction des défenses aériennes houthies, selon un expert cité par Sheba Intelligence. Cette hypothèse reste toutefois non établie et aucune preuve ne permet de confirmer que le trajet du drone avait été conçu à cette fin.



