Pour Lula, Trump agit comme un « empereur » qui veut imposer sa volonté au monde entier

Un entretien télévisé accordé à CNN Brésil, le lundi 21 septembre, a été l’occasion pour le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva de comparer Donald Trump à un « empereur ». L’échange a eu lieu à la veille du discours de Lula devant l’Assemblée générale des Nations unies, à New York.

Une critique du mode de gouvernance américain

Selon Lula, le président américain dépasse les limites de sa fonction en intervenant dans les affaires d’autres pays. « Nous ne pouvons pas laisser le président Trump oublier qu’il a été élu pour gouverner les États-Unis. Il n’a pas été élu empereur du monde », a-t-il déclaré sur la chaîne brésilienne. Le chef de l’État a ajouté que Trump dispose du droit de gouverner pour son propre pays, mais pas d’imposer ses décisions au reste de la planète. Lula a également dénoncé un rapport de force assumé par la Maison-Blanche dans ses relations internationales, qu’il a associé à « la loi du plus fort », un principe auquel il dit s’opposer.

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Le président brésilien a par ailleurs reproché à son homologue américain de s’affranchir des usages habituels entre chefs d’État. Il a qualifié cette attitude de « désagréable », estimant qu’elle romprait avec tout protocole et toute liturgie censés encadrer les relations bilatérales de haut niveau. Ces propos ne constituent pas une première sortie du dirigeant brésilien sur ce registre, celui-ci ayant déjà employé le terme d’« empereur » à plusieurs reprises depuis le début de l’année.

Une politique étrangère déjà contestée sur plusieurs fronts

Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, la diplomatie de Donald Trump fait l’objet de critiques venues de plusieurs continents. Le retrait américain d’organisations internationales dédiées au climat, la pression exercée sur le Groenland, le Panama ou le Venezuela, ainsi que le différend avec le pape Léon au sujet du conflit iranien, ont nourri les accusations d’unilatéralisme portées contre son administration. Une étude publiée en juin par le Pew Research Center confirmait une dégradation de l’image des États-Unis à l’international depuis le début de ce second mandat.

Ces nouvelles déclarations de Lula surviennent alors que les tensions commerciales entre Brasília et Washington restent vives. Les États-Unis avaient imposé, à l’été 2025, des droits de douane pouvant atteindre 50 % sur une partie des exportations brésiliennes, une mesure en partie liée au procès de l’ancien président Jair Bolsonaro, allié de Trump, que le gouvernement brésilien avait alors qualifiée d’ingérence.

La suite attendue à l’ONU

Le discours de Lula devant l’Assemblée générale des Nations unies, prévu ce mardi, devrait permettre de vérifier si le président brésilien reprend publiquement, sur la scène internationale, les termes employés la veille à la télévision. Sa prise de parole interviendrait quelques mois seulement après un premier échange tendu avec Trump en marge d’un précédent sommet multilatéral.

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