Condamnée à mort depuis près de dix ans, Mbayang Diop pourrait être exécutée d’ici la fin de l’année en Arabie saoudite, selon une alerte publiée mardi 29 septembre sur X par le défenseur sénégalais des droits humains Alioune Tine. Il appelle à solliciter la clémence du prince héritier Mohammed ben Salmane et parle de trois mois pour agir.
Ancien directeur Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty international, Alioune Tine dit se joindre à Boubacar Sèye, qui dirige l’ONG Horizon sans frontières (HSF). Il invite les organisations de défense des droits humains et des droits des femmes à se réunir pour demander ensemble la grâce de la détenue. « Il reste tout juste trois mois. C’est une urgence d’agir », écrit-il.
Une échéance liée à la majorité des enfants de la victime
Mbayang Diop a été arrêtée en juin 2016, après la mort de sa patronne. Partie travailler comme domestique en Arabie saoudite, elle a été condamnée à la peine capitale en avril 2017 par la justice saoudienne, qui l’a reconnue coupable de meurtre. Elle est détenue à la prison de Fayçaliyah, près de Damman. La sentence n’a pas été appliquée jusqu’ici, car les enfants de la victime étaient mineurs. Cette situation change à la fin de l’année.
Selon son frère Mamadou Diop, cité par Senego, les enfants de la victime atteindront alors la majorité. Dans le droit saoudien, les proches de la victime décident de la suite et peuvent donc pardonner ou accepter une compensation financière ce qui ouvrirait la voie à une commutation de peine.
Pour rappel, en août 2016, quelques semaines après l’arrestation, Riyad avait envoyé son ministre des Affaires étrangères à Dakar pour apaiser les tensions entre les deux pays. Face à la situation de la jeune femme, en juillet 2025, HSF avait salué les démarches menées par le président Bassirou Diomaye Faye auprès du roi Salmane et l’avait encouragé à poursuivre la voie diplomatique.



