La Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz) accueille un nouvel acteur agro-industriel. Ehua Industries a été officiellement inaugurée ce vendredi 4 septembre 2026, après plus de trois années de conception, de travaux et d’investissement. L’ambition est de renforcer la transformation locale des matières premières agricoles et le développement des filières d’élevage au Bénin.
Implantée sur 8 hectares, l’unité représente un investissement de plus de 28 milliards de francs CFA. Pour Létondji Béhéton, directeur général de la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (Sipi-Bénin), Ehua Industries vient renforcer le tissu industriel de la Gdiz en créant un lien direct entre producteurs agricoles, transformateurs et éleveurs.
L’usine valorisera notamment le maïs, le soja, le son de riz, le son de maïs, les tourteaux de coton et certains co-produits de la noix de cajou pour produire des aliments destinés à la volaille, au porc, au lapin et aux bovins.
Sur le plan industriel, Ehua Industries dispose d’une unité de trituration du soja d’une capacité annoncée de 300 tonnes par jour et d’une unité de production d’aliments pour animaux de 180 000 tonnes par an. La promotrice, Anick Achi-Magne, précise que le complexe peut également traiter jusqu’à 100 000 tonnes de graines de soja et dispose d’une capacité de stockage de plus de 20 000 tonnes en silos.
Un outil au service de la souveraineté alimentaire
Pour le ministre du Tourisme et du commerce extérieur, chargé de l’industrie et de la promotion de l’investissement privé, Olushegun Bakari, l’inauguration d’Ehua Industries marque « un grand jour pour le Bénin ».
Au nom du président de la République, il a présenté cette implantation comme « le premier pas » vers une souveraineté économique et alimentaire plus concrète.
« Quand on veut faire de l’industrialisation, on a besoin de construire un écosystème », a-t-il souligné. Selon lui, Ehua Industries doit permettre de transformer localement le maïs et le soja, d’offrir des débouchés aux producteurs et de soutenir, en aval, la production avicole.
Le ministre a également appelé à poursuivre cette dynamique dans la pisciculture, notamment à travers la production locale d’aliments pour poissons. « Être indépendant, c’est être capable de contrôler ce qu’il y a dans son assiette », a-t-il insisté, invitant les jeunes entrepreneurs à investir davantage dans l’élevage et la production avicole.
500 emplois directs annoncés
Au-delà de la transformation agricole, Ehua Industries entend contribuer à la création d’emplois. Christian Assossou, président du Conseil d’administration, annonce environ 500 emplois directs et durables et plus de 1 500 emplois indirects.
Anick Achi-Magne indique également que plus de 1 600 ingénieurs, techniciens, ouvriers, conducteurs de travaux et personnels administratifs ont participé à la construction du complexe, qui comprend notamment 14 500 m³ de béton et 1 900 tonnes de fer à béton.
Pour Ehua Industries, l’objectif est de proposer aux éleveurs des aliments réguliers, compétitifs et de qualité, tout en garantissant aux producteurs agricoles des débouchés plus structurés.
BNI, NSIA Banque et BOAD aux côtés du projet
La réalisation de cet investissement a bénéficié de l’accompagnement de plusieurs partenaires financiers africains. La directrice générale de Ehua Industries a notamment salué le soutien de la Banque nationale d’investissement de Côte d’Ivoire (Bni), de Nsia Banque et de la Banque ouest-africaine de développement (Boad).
Pour Jérôme Ahua, directeur général adjoint de la BNI, le financement d’Ehua Industries traduit la volonté d’accompagner non seulement une entreprise, mais aussi un projet contribuant à l’agriculture, à l’élevage, à l’emploi, à la transformation locale et à la souveraineté alimentaire.
Avec l’arrivée d’Ehua Industries, la Gdiz consolide ainsi son ambition de rapprocher les matières premières agricoles des unités de transformation et de favoriser l’émergence de chaînes de valeur intégrées au Bénin.



