La police indienne a découvert 513 847 identifiants et mots de passe Gmail dans une enquête ouverte après plusieurs fausses menaces à la bombe au Gujarat, dont certaines ciblaient des pays associés au sommet des BRICS organisé à New Delhi. Les enquêteurs veulent désormais obtenir des explications de Google sur la création et l’utilisation de cette importante quantité de comptes.
Une enquête déclenchée par plusieurs menaces
Les menaces visaient l’Assemblée législative du Gujarat, ainsi que les bureaux du Premier ministre Narendra Modi et du ministre de l’Intérieur Amit Shah. Des courriels similaires avaient également été adressés à dix écoles et trois tribunaux de l’État. Les alertes ont finalement été considérées comme des canulars.
Deux personnes ont été arrêtées dans le cadre des investigations. Roshan Kumar Bhumihar, interpellé à Bhagalpur, dans le Bihar, aurait conduit les enquêteurs jusqu’à Gulshan Kumar Singh, arrêté à Deoghar, dans le Jharkhand. Selon la police, Singh aurait fourni les comptes Gmail utilisés pour diffuser les menaces. Les appareils servant à transmettre les messages ont été saisis.
La police affirme que Singh produisait des adresses électroniques en grande quantité depuis 2022 et les mettait à disposition sous forme de comptes prêts à l’emploi. L’ampleur de la base retrouvée pose désormais une question aux enquêteurs : comment autant de comptes ont-ils pu être créés et utilisés sans déclencher les dispositifs de sécurité de Google ?
Vivek Bheda, responsable de la police du Gujarat chargé de la cybercriminalité, a indiqué que les autorités comptaient contacter Google afin de demander des changements dans ses mécanismes de protection. Les enquêteurs cherchent en particulier à comprendre comment les mesures de sécurité ont pu être contournées à cette échelle.
Les BRICS travaillent déjà sur la cybersécurité
Cette affaire intervient alors que la cybersécurité fait déjà partie des sujets de coopération des BRICS. En avril 2025, les pays du groupe ont tenu à Brasilia une réunion consacrée à la sécurité dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication. Les discussions portaient sur le partage d’informations, les bonnes pratiques et la réponse aux menaces numériques transnationales.
Les membres avaient aussi discuté de la création d’un protocole d’entente entre leurs centres de réponse aux incidents informatiques, ainsi que de canaux de communication directs entre les services chargés de l’application de la loi pour faciliter les enquêtes sur les cybercrimes.
Cette coopération avait été présentée comme un moyen de permettre des échanges plus rapides lorsqu’une attaque ou une menace numérique implique plusieurs pays. Les représentants des BRICS avaient également évoqué la nécessité de partager les méthodes de réponse et de renforcer les capacités techniques.
La découverte de cette base de comptes intervient donc dans un contexte où les membres du groupe cherchent déjà à améliorer leurs mécanismes communs face aux infractions numériques et aux menaces transfrontalières.



