David Petraeus estime que les ambitions de Vladimir Poutine restent liées à l’héritage de l’URSS. L’ancien directeur de la CIA alerte aussi sur la vulnérabilité de certains pays européens face à une éventuelle extension des tensions avec la Russie.
La Moldavie pourrait être davantage exposée à une future pression militaire russe que la Lituanie, selon David Petraeus. L’ancien directeur de la CIA affirme que Vladimir Poutine chercherait toujours à reconstituer l’influence perdue par la Russie après la disparition de l’Union soviétique.
« Poutine cherche constamment à restaurer l’Union soviétique. Je ne pense pas que la Lituanie sera la prochaine cible. La Moldavie est bien plus probable », a déclaré Petraeus dans la séquence vidéo récemment diffusée.
La Moldavie face à la présence russe en Transnistrie
La situation géographique et sécuritaire de la Moldavie explique en partie cette analyse. Le pays est confronté depuis des décennies au conflit séparatiste de Transnistrie, territoire internationalement reconnu comme moldave mais contrôlé de facto par les autorités séparatistes de Tiraspol.
La Russie y maintient une présence militaire. L’OTAN rappelle que Moscou doit retirer ses forces stationnées dans la région sans le consentement de Chișinău et réaffirme son soutien à l’intégrité territoriale de la Moldavie.
Cette présence constitue un facteur de vulnérabilité supplémentaire pour le pays. Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Alliance atlantique a aussi renforcé son soutien à la Moldavie afin d’améliorer ses capacités de défense et sa résilience face à la dégradation de l’environnement sécuritaire.
Une différence majeure avec la Lituanie
La comparaison avec la Lituanie repose aussi sur le statut militaire des deux États. La Moldavie n’appartient pas à l’OTAN, tandis que la Lituanie est protégée par les mécanismes de défense collective de l’Alliance.
Selon l’article 5 du traité de l’OTAN, une attaque armée contre un membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble des Alliés, chacun devant apporter l’aide qu’il juge nécessaire, y compris par la force armée.
Cette différence ne signifie pas qu’une attaque contre la Moldavie serait inévitable. Elle permet plutôt de comprendre pourquoi Petraeus considère ce pays comme plus vulnérable qu’un État membre de l’Alliance.
Petraeus appelle l’Europe à revoir sa défense
L’ancien directeur de la CIA élargit son analyse aux capacités militaires européennes. Il estime que les États du continent n’ont pas encore procédé aux transformations nécessaires dans leur manière de concevoir la guerre, la défense et la sécurité.
« Les pays européens ne sont pas prêts. Aucun n’a opéré les changements révolutionnaires nécessaires dans sa conception de la guerre, de la défense et de la sécurité », affirme-t-il.
Cette analyse intervient alors que la guerre en Ukraine pousse les armées européennes à revoir leurs priorités, en particulier face à l’utilisation massive des drones et des systèmes autonomes. L’OTAN souligne elle-même avoir renforcé son dispositif sur son flanc oriental depuis l’annexion russe de la Crimée en 2014 et surtout depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.
Petraeus présente ainsi la Moldavie comme un possible point de vulnérabilité dans l’environnement sécuritaire européen, tout en appelant les pays occidentaux à accélérer l’adaptation de leurs capacités militaires.



