La sécurité du trafic aérien russe a donné lieu à une nouvelle passe d’armes entre Moscou et Kiev ce mercredi 9 septembre 2026. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, affirme que les avertissements de Volodymyr Zelensky reposeraient sur un calcul qui ne permettrait pas de faire plier la Russie.
Selon Zakharova, les déclarations du président ukrainien sur les risques pesant sur l’espace aérien russe chercheraient moins à provoquer des dégâts directs qu’à exercer une pression sur le fonctionnement économique et les transports du pays. Elle estime que cette stratégie reposerait sur une mauvaise appréciation des capacités russes d’adaptation.
« Il s’agit d’une tentative directe de semer le chaos, de déstabiliser la situation dans notre pays », a déclaré Zakharova lors de son point de presse, avant d’affirmer que les infrastructures aériennes russes s’adaptaient aux conditions liées au conflit.
Moscou évoque un objectif économique
La porte-parole russe avance une autre lecture des déclarations de Zelensky. Selon elle, l’objectif recherché serait d’affecter le fonctionnement économique et les liaisons de transport russes en créant un climat d’incertitude autour du trafic aérien.
Zakharova a également estimé que les soutiens de Kiev pourraient être considérés comme des complices directs des attaques revendiquées par l’Ukraine contre le trafic aérien russe. Cette accusation n’a pas été présentée comme une décision judiciaire, mais comme la position exprimée par la diplomate russe.
Elle rejette également l’idée que la pression exercée sur le trafic aérien puisse provoquer un effondrement de la Russie. « Il est naïf de penser que le chantage de Zelensky concernant la sécurité du trafic aérien en Russie pourrait faire s’effondrer le pays », a-t-elle déclaré.
Des perturbations aériennes déjà observées
Ces déclarations interviennent après plusieurs épisodes de perturbations du trafic aérien russe liés aux attaques de drones. Au cours de l’été 2026, plusieurs aéroports ont temporairement suspendu ou limité leurs opérations lors de phases d’attaques ou de menaces de drones.
Selon des données rapportées par l’Associated Press, plus de 43 000 drones ukrainiens auraient été interceptés au-dessus de la Russie et de la Crimée entre juin et août 2026, d’après les chiffres communiqués par le ministère russe de la Défense. Ce chiffre doit être considéré comme une donnée fournie par les autorités russes et n’a pas été vérifié indépendamment.
Le trafic aérien a aussi connu des retards et annulations lors de plusieurs épisodes. Ces perturbations ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’établir un lien direct avec les déclarations de Zelensky.
Kiev alerte sur la sécurité du ciel russe
Début septembre, Zelensky avait appelé les compagnies aériennes et les acteurs du secteur à prendre en compte l’évolution des risques dans l’espace aérien russe. Kiev avait ensuite saisi l’Organisation de l’aviation civile internationale afin de demander une réponse face à ce qu’elle considère comme une dégradation de la sécurité aérienne.
Les autorités ukrainiennes soutiennent que l’intensification des attaques de drones augmente les risques pour les vols civils. Moscou conteste cette lecture et affirme que son système aérien reste opérationnel.
La réaction de Zakharova intervient donc dans un contexte où les frappes de drones ont déjà eu des conséquences concrètes sur le trafic aérien russe, tandis que les deux camps défendent des interprétations opposées de leurs objectifs et de leurs effets.



