Bamako accueille les 9 et 10 septembre la 13e session de la Grande Commission mixte réunissant le Mali et l’Algérie, un cadre de coopération resté inactif depuis 2016.
Un dégel amorcé fin août
Ce rendez-vous s’appuie sur le déplacement effectué le 24 août par le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, reçu à Alger par les autorités algériennes. Ce voyage aurait contribué à dissiper des désaccords accumulés depuis la dénonciation par Bamako de l’accord de paix de 2015. La reprise du dialogue entamée cet été débouche sur ce format institutionnel commun aux deux gouvernements. Une délégation ministérielle algérienne est attendue dans la capitale malienne pour l’occasion.
Une brouille née d’un drone abattu à la frontière
La rupture entre les deux pays remonte à janvier 2024, lorsque Bamako avait dénoncé l’accord de paix de 2015 issu du processus d’Alger, accusant l’Algérie d’un rôle trouble dans le nord du Mali. La crise avait atteint son paroxysme dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, quand l’armée algérienne avait détruit un drone de combat malien de fabrication turque près de Tin Zaouatine, à la frontière entre les deux pays. Alger affirmait que l’appareil avait pénétré son espace aérien, tandis que Bamako soutenait qu’il évoluait en territoire malien. L’incident avait entraîné le rappel des ambassadeurs et la fermeture de l’espace aérien entre les deux capitales.
Un format vieux de plus de cinquante ans
Le mécanisme remonte à 1973, année de création d’un comité économique, culturel, scientifique et technique bilatéral entre les deux pays. Il a pris le nom de Grande Commission mixte de coopération, et se tient depuis 2016 sous l’autorité conjointe des deux chefs de gouvernement.
Les deux territoires partagent une frontière longue de plus de 1 300 kilomètres, une donnée qui structure de longue date leurs échanges en matière de sécurité, de circulation des populations et de commerce transfrontalier.
Économie et sécurité au menu des discussions
Les échanges des 9 et 10 septembre porteront sur les relations économiques, la sécurité, les flux transfrontaliers et plusieurs secteurs jugés prioritaires. La session de 2016 avait donné lieu à des accords couvrant l’énergie, le pétrole et le gaz, la recherche géologique et minière, les ressources en eau, la santé, l’agriculture, l’emploi, le commerce, la solidarité nationale et la culture.
Bamako y voit une opportunité de traduire en projets concrets le rapprochement diplomatique engagé avec Alger, alors que le pays cherche à élargir ses partenariats dans la région. Le volet sécuritaire devrait occuper une place centrale, les deux pays étant confrontés à des menaces communes dans la bande sahélo-saharienne.
