Diplomatie africaine : la Russie ne comptera bientôt plus que 5 pays sans ambassade russe

Quatre nouvelles ambassades russes ouvriront prochainement en Gambie, au Togo, aux Comores et au Libéria. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a confirmé ce projet, précisant que Moscou se tient prêt à en ouvrir d’autres. Cette annonce reprend une décision déjà actée par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, fin juin, lors d’une réunion du conseil économique du ministère. Il avait alors classé ce dossier parmi les priorités du moment.

Un réseau proche de la couverture totale du continent

Avec ces quatre implantations, la Russie disposerait de représentations diplomatiques dans 49 des 54 pays reconnus du continent africain. Il ne resterait donc que cinq États sans ambassade russe. Lavrov a lui-même évoqué une fourchette de quatre ou cinq pays encore concernés par ce vide diplomatique.

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Cette progression fait suite à l’ouverture de trois ambassades en 2025, au Niger, en Sierra Leone et au Soudan du Sud. Aucune date précise n’a pour l’instant été communiquée par Moscou pour les quatre prochaines implantations. Le réseau diplomatique soviétique en Afrique, dense durant la Guerre froide, avait été largement démantelé après 1991 faute de moyens ; sa reconstitution s’accélère nettement depuis 2025.

Une alliance militaire inédite avec le Sahel

Moscou a noué depuis 2024 un partenariat stratégique sans précédent depuis des décennies avec l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Une deuxième session de consultations ministérielles de haut niveau s’est tenue le 9 juillet à Niamey, un an après une première rencontre organisée à Moscou.

Les deux parties ont réaffirmé leur intention de poursuivre le renforcement de leur coopération dans les domaines politique, diplomatique, sécuritaire, économique et sociale, selon un communiqué conjoint. La Russie a également confirmé la poursuite de son appui militaire aux trois pays confédérés, confrontés à la persistance des attaques djihadistes dans la région.

Cette coopération dépasse désormais le strict cadre sécuritaire. Un projet de satellite de télécommunications russe destiné à l’alliance a été évoqué en janvier avec le Burkina Faso, portant sur la connectivité, la gouvernance et la surveillance du territoire. Un sommet stratégique réunissant Moscou et les pays sahéliens serait par ailleurs en préparation pour octobre, selon des informations non confirmées officiellement.

Le Togo, autre terrain de rapprochement

Contrairement aux pays de l’AES, le Togo n’a rompu aucun lien avec les puissances occidentales. Faure Gnassingbé s’est néanmoins rendu à Moscou en novembre 2025 pour rencontrer Vladimir Poutine, en pleine escalade du conflit ukrainien.

Les autorités togolaises défendent une diplomatie multipolaire assumée, refusant tout choix de camp entre blocs rivaux. Les investissements russes visent surtout les infrastructures portuaires et l’exploitation minière du pays, même si les échanges bilatéraux restent, pour l’instant, d’un montant limité.

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