Khamis Mushait a été touchée deux fois par des tirs houthis en moins de 90 minutes ce lundi 14 septembre. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a revendiqué une opération menée avec des dizaines de missiles balistiques et de drones contre la base aérienne du roi Khalid, dans le sud de l’Arabie saoudite. Selon lui, l’opération a touché plusieurs installations de la base, dont des zones de stationnement d’avions et des équipements de défense, causant « des dommages significatifs ».
Des explosions ont été entendues sur place et des colonnes de fumée observées au-dessus du site. La Protection civile saoudienne a déclenché puis levé une alerte dans la zone, sans communiquer de bilan sur les dégâts ou d’éventuelles victimes. Cette double frappe survient trois jours après la prise par les Houthis de l’île de Mayyun, au cœur du détroit de Bab el-Mandeb, dont ils ont achevé le contrôle vendredi avec la chute des dernières positions gouvernementales sur la côte ouest yéménite — un verrou stratégique par lequel transite environ un dixième du commerce maritime mondial. Cette avancée territoriale a précédé de peu la nouvelle salve de missiles sur le territoire saoudien.
Une riposte annoncée aux frappes saoudiennes
Les Houthis présentent cette opération comme une réponse aux bombardements saoudiens menés contre leurs positions au Yémen, qu’ils chiffrent à plus de 300 frappes aériennes lors des cinq derniers jours. Le mouvement a averti qu’il poursuivrait ses attaques en territoire saoudien tant que ces opérations militaires ne cesseraient pas, promettant des ripostes plus sévères en cas de nouvelle escalade côté saoudien. Des installations de l’aéroport international d’Abha et du groupe pétrolier Aramco avaient déjà été visées la semaine dernière, faisant 73 blessés.
Téhéran dément tout rôle direct
L’Iran a nié lundi toute implication dans le conflit yéménite. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les Houthis constituaient « des acteurs totalement indépendants » qui « prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts« . Ce démenti intervient alors que Téhéran a par ailleurs salué la prise du détroit de Bab el-Mandeb comme une victoire de ses alliés.
Un rapprochement construit depuis 2015
Contrairement au Hezbollah libanais, les Houthis ne reconnaissent pas le guide suprême iranien comme autorité religieuse suprême, mais leur rapprochement avec Téhéran s’est renforcé depuis le début de la guerre civile yéménite en 2015, lorsqu’une coalition menée par l’Arabie saoudite est intervenue pour soutenir le gouvernement reconnu internationalement face à l’avancée du mouvement chiite. Ce rapprochement s’est traduit par des transferts d’armements ayant permis aux Houthis de développer un arsenal de missiles balistiques à longue portée, capable aujourd’hui de frapper des cibles à plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur du territoire saoudien.



