Le différend entre la France et le Vanuatu sur les îles Matthew et Hunter franchit une nouvelle étape juridique. Une requête vanuataise a été transmise à Paris, mais la Cour internationale de justice ne pourra engager la procédure que si la France accepte sa compétence dans cette affaire.
France est désormais directement saisie d’une requête du Vanuatu portant sur la souveraineté des îles Matthew et Hunter, dans le Pacifique Sud. La démarche vise également la délimitation de la frontière maritime entre le Vanuatu et la France, en lien avec la Nouvelle-Calédonie, selon les éléments communiqués par la Cour internationale de justice.
La requête concerne deux îles volcaniques inhabitées que les deux États revendiquent depuis plusieurs décennies. Le Vanuatu les désigne sous les noms d’Umaenupne pour Matthew et d’Umaeneg/Leka pour Hunter. La procédure annoncée ne signifie toutefois pas que la CIJ va immédiatement examiner le fond du litige.
La France doit accepter la compétence de la Cour
La Cour internationale de justice, installée à La Haye, a confirmé avoir reçu la requête et l’avoir transmise aux autorités françaises. Selon la Cour, aucun acte de procédure ne pourra toutefois être entrepris tant que la France n’aura pas accepté sa compétence pour ce différend.
Cette condition constitue un élément central du dossier. Le Vanuatu peut demander l’ouverture d’une procédure, mais la CIJ doit disposer d’un fondement juridique lui permettant de statuer sur le différend entre les deux États.
Cette évolution intervient après l’échec des discussions bilatérales. Les négociations avaient repris à partir de novembre 2025, avec un premier cycle organisé à Port-Vila. Une nouvelle série de discussions s’est tenue à Paris en juin 2026, sans permettre aux deux pays de rapprocher leurs positions. Le gouvernement vanuatais a ensuite indiqué qu’il entendait explorer les voies juridiques disponibles.
Le gouvernement français a, de son côté, maintenu sa position. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a réaffirmé le 30 juin 2026 la souveraineté française sur Matthew et Hunter lors d’un échange avec le vice-Premier ministre vanuatais Johnny Koanapo.
Un différend né avant l’indépendance du Vanuatu
Le contentieux remonte à la période précédant l’indépendance du Vanuatu, obtenue en 1980. La France considère Matthew et Hunter comme rattachées à la Nouvelle-Calédonie, tandis que le Vanuatu revendique leur souveraineté.
Les deux îles sont situées à environ 300 kilomètres au sud du Vanuatu et à environ 400 kilomètres à l’est de la Nouvelle-Calédonie. Leur superficie terrestre est limitée, mais leur intérêt dépasse largement leur taille : leur attribution influe sur les espaces maritimes qui les entourent.
Une réponse du gouvernement français à l’Assemblée nationale publiée en février 2026 indiquait que le différend bloque toujours la délimitation de la frontière maritime entre le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie. Paris soulignait aussi les conséquences possibles sur la pêche et la recherche scientifique dans cette zone.
Selon des données citées par ABC News, la souveraineté sur ces deux îlots pourrait donner accès à une zone économique exclusive d’environ 350 000 km², soit un espace maritime supérieur à la superficie du Royaume-Uni.
Le dossier territorial prend donc une nouvelle dimension avec la requête déposée par Port-Vila. La suite dépend désormais de la position de la France sur la compétence de la CIJ.



