Depuis le 1er janvier 2026, les ressortissants africains non européens qui demandent certains titres de séjour en France doivent satisfaire à de nouvelles exigences. Examen civique, niveau de français et hausse des taxes modifient les conditions d’accès au séjour durable.
Les ressortissants africains concernés par une première demande de carte de séjour pluriannuelle ou de carte de résident doivent désormais intégrer de nouvelles étapes à leurs démarches en France. Ces obligations découlent de la loi du 26 janvier 2024 sur l’immigration et sont entrées en application progressivement en 2026.
Dans une contribution publiée en août 2026, Me Fayçal Megherbi, avocat au barreau de Paris, a détaillé plusieurs de ces évolutions. Son analyse porte sur l’examen civique, les exigences linguistiques et l’augmentation des frais liés aux titres de séjour.
L’examen civique concerne les premières demandes
Depuis le 1er janvier, un étranger non européen qui sollicite pour la première fois une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident doit réussir un examen civique. Cette règle concerne donc aussi les ressortissants africains qui ne bénéficient pas d’une disposition particulière les exemptant du dispositif.
L’épreuve comprend 40 questions en français et dure 45 minutes. Le candidat doit obtenir au moins 32 bonnes réponses, soit 80 %. Les questions portent sur les principes et valeurs de la République, les institutions, les droits et devoirs, l’histoire, la géographie, la culture et la vie en société.
Une distinction est toutefois essentielle : le renouvellement d’une carte de séjour pluriannuelle ou d’une carte de résident ne nécessite pas cet examen. Le ministère de l’Intérieur précise aussi que certaines catégories d’étrangers en sont dispensées, dont certains bénéficiaires de la protection internationale et certains ressortissants relevant d’accords bilatéraux.
Le niveau de français passe à A2 ou B1
La maîtrise du français constitue une autre condition renforcée depuis cette année. Pour une carte de séjour pluriannuelle, le niveau exigé est A2 du Cadre européen commun de référence pour les langues. Pour une carte de résident, le niveau demandé est B1.
Ces changements concernent une population africaine importante. Selon l’Insee, 3,665 millions d’immigrés nés en Afrique vivaient en France en 2024. Ils représentaient 48,1 % des immigrés, devant ceux nés en Europe, qui représentaient 31,3 %.
Les statistiques montrent aussi l’importance des flux africains. En 2024, 143 700 personnes nées en Afrique sont arrivées en France, soit 45,9 % des immigrés entrés cette année-là. Parmi les principales nationalités figuraient les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Ivoiriens, les Camerounais et les Sénégalais.
Le coût des titres augmente depuis mai
Les démarches administratives sont aussi devenues plus coûteuses. Depuis le 1er mai 2026, la première délivrance d’un titre de séjour est soumise à une taxe de 300 euros. Le montant est ramené à 100 euros pour certaines catégories définies par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le renouvellement est fixé à 200 euros, avec là aussi des tarifs réduits pour certaines situations.
Pour les Africains concernés, ces règles ne constituent donc pas un régime spécifique lié à leur continent : elles découlent du statut de ressortissant non européen et du type de titre demandé. Les situations individuelles peuvent varier selon la nationalité, le motif du séjour et les accords applicables.



