Iran : une blogueuse condamnée à mort après avoir insulté le Guide suprême

Une peine capitale a été prononcée contre Soda Ebrahimi Shamsabadi, blogueuse iranienne détenue à Bandar Abbas depuis mars 2026. La décision émane de la troisième chambre du tribunal révolutionnaire de Bandar Abbas, qui l’a reconnue coupable de plusieurs faits liés à ses activités médiatiques et à la sécurité nationale, selon des informations obtenues par plusieurs médias internationaux.

Âgée de 33 ans, la blogueuse aurait été condamnée pour « corruption sur terre », une qualification pénale utilisée par la justice iranienne dans certaines affaires considérées comme particulièrement graves. L’agence de défense des droits humains HRANA confirme l’existence de cette condamnation à mort et précise que son dossier comporte plusieurs accusations.

Plusieurs accusations retenues par le tribunal

Le dossier mentionne d’abord une accusation d’insulte envers le Guide suprême iranien. Il lui serait aussi reproché d’avoir mené des activités médiatiques et de propagande considérées comme contraires à la sécurité nationale, ainsi que des activités de renseignement et de sécurité au profit de gouvernements qualifiés d’hostiles par les autorités.

Une autre accusation porte sur des photographies qu’elle aurait prises d’un site militaire touché par un missile. Selon les informations rapportées par Iran International et HRANA, les autorités lui reprocheraient d’avoir transmis ces images à des médias de langue persane établis à l’extérieur de l’Iran.

La condamnation ne se limiterait pas à la peine capitale. Le tribunal aurait également prononcé des peines de prison comprises entre deux et cinq ans, ordonné la confiscation de ses biens et décidé de la priver de l’accès à certains services publics. Son avocat aurait été informé officiellement de la condamnation à mort le 23 août.

Un dernier message publié sur Instagram

Avant son arrestation, Ebrahimi Shamsabadi avait publié sur Instagram un message destiné à ses quelque 10 000 abonnés, selon les informations du média NeedToKnow.

Sur un fond noir accompagné d’images représentant une colombe blanche et une rose rouge, elle écrivait : « Si un jour je quitte ce monde, sachez simplement une chose : j’ai choisi le chemin auquel je croyais. »

Le message aurait été interprété comme une indication de sa volonté de poursuivre son opposition aux autorités malgré les risques encourus.

Selon Iran International, la blogueuse aurait également passé 20 jours à l’isolement durant sa détention et aurait subi de fortes pressions lors des interrogatoires. Sa famille aurait, pendant cette période, ignoré son lieu de détention ainsi que son état.

Les condamnations à mort se multiplient en Iran

Cette affaire intervient dans un contexte de durcissement de la répression judiciaire en Iran. Human Rights Watch indique que les autorités iraniennes avaient annoncé, entre le 18 mars et la fin août 2026, l’exécution de 29 personnes en lien avec les manifestations récentes, tandis que plusieurs dizaines d’autres personnes restaient exposées à une exécution.

HRANA a pour sa part recensé 78 exécutions en Iran au mois d’août 2026, dont plusieurs liées à des accusations de nature sécuritaire. L’agence souligne également la multiplication des condamnations visant des personnes poursuivies pour leurs opinions ou leurs activités politiques.

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